<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss' xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029</id><updated>2011-07-08T05:14:44.467-04:00</updated><title type='text'>La main, le souffle</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default?max-results=100'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>48</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>100</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8135227053305827888</id><published>2010-08-18T00:16:00.003-04:00</published><updated>2010-08-18T00:21:51.903-04:00</updated><title type='text'>Grand déplacement!</title><content type='html'>Afin de me permettre une plus grande latitude, j'ai décidé de faire migrer ce blog. Je voulais disposer d'une plate-forme plus souple me permettant notamment d'intégrer des photographies. Voilà qui explique le silence radio des dernières semaines. Vous trouverez la version revampée, &lt;a href="http://blogue.nt2.uqam.ca/lamainlesouffle/"&gt;là&lt;/a&gt;. &lt;div&gt;Soyez indulgents, il me reste un peu de travail à faire! &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8135227053305827888?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8135227053305827888/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8135227053305827888&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8135227053305827888'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8135227053305827888'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/08/grand-deplacement.html' title='Grand déplacement!'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2271549851798417811</id><published>2010-08-02T10:09:00.001-04:00</published><updated>2010-08-02T10:11:11.466-04:00</updated><title type='text'>Chronic City</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chronic City&lt;/span&gt;, de Jonathan Lethem, n’est pas un roman du 11 septembre 2001. Certes, le roman se déroule dans un New York du nouveau millénaire, et ses personnages explorent la ville, allant de l’Upper East Side au Lower Manhattan de l’Hôtel de Ville. À aucun moment l’auteur mentionne ce jour, ni même ses traits marquants : aucun feu, aucun avion, aucune tour ne sont évoqués dans ce roman. Pourtant, il se passe quelque chose dans la littérature du 11 septembre avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chronic City&lt;/span&gt;. Peut-être est-ce le résultat du lecteur qui cherche dans le roman new-yorkais les traces des attentats de 2001. Déjà, avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Let the Great World Spin&lt;/span&gt;,  Colum McCann explorait la figure de l’équilibriste Philippe Petit, célèbre pour avoir marché entre les deux tours, en 1974, orientant le regard vers les tours en misant sur la nostalgie d’une époque révolue, celle où les évoquer ne revenait pas à parler de leur destruction. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chronic City&lt;/span&gt; devient quant à lui un roman du 11 septembre précisément par les détours qu’il prend pour ne pas nommer le 11 septembre, pour en contourner les figures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Oublions le personnage principal, Chase Insteadman, dont le nom (L’homme à la place de…) le place d’entrée de jeu dans l’étrange espace transitoire qu’est sa vie entourée de la fumée de marijuana et du réel presque alternatif construit par le personnage de Perkus Tooth. Ce qui, dans l’œuvre de Lethem, évoque le 11 septembre, ce sont les mentions d’une menace souterraine et celle des jours de brouillard gris.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le New York de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Chronic City&lt;/span&gt; est aux prises avec un monstre, présenté comme un animal aussi mythique que le yéti, et dont les supposées apparitions sont surprises par des témoins hallucinés. Parce qu’il faut bien nommer l’ennemi, journalistes et témoins décident qu’ils s’agit d’un tigre, ramenant la destruction en cours à un ennemi connu. « […] Biller instead logged on to the city’s Tiger Watch Web Site. The monster had last been seen two days ago, on Sixty-eighth Street by a couple of Hunter undergraduates, rustling beneath an opened metal grating at a work site. There had been no casualties or damage, and the site ranked risk of an attack tonight as Yellow, or Low-to-Moderate” (p. 226).&lt;br /&gt;Le tigre est en fait une machine qui creusait une nouvelle ligne de métro et qui s’est apparemment emballée, développant sa propre « intelligence », et dépassant les ordres de ses opérateurs. Une sorte de Frankenstein, en somme, qui frappe à tout moment (mais surtout la nuit) et qui, surtout, cause l’évacuation (et la condamnation) d’édifices à logement. Venue d’en dessous, la menace qu’est le tigre finit par effectuer sa propre revitalisation. Mais deux traits de cette menace sont intéressants. D’une part, elle est, comme le terrorisme, imprévisible : la machine ne frappe pas d’une manière logique,  linéaire. Elle surprend, déplace, force la transformation. Comme la grande figure de l’après-11 septembre, Ossama Ben Laden, le tigre est guetté, on imagine le voir, le traquer, et ses apparitions changent le niveau d’alerte.  D’autre part, la machine, mythifiée, chassée tant par les témoins que par les journalistes, force à accepter des changements qui, dans les faits, ne relèvent pas tant du hasard que de considérations politiques et urbanistiques. S’il y a dans Lethem un réflexion sur le 11 septembre, elle se trouverai peut-être ici dans une critique des discours de la peur et de la sécurité qui ont conduits une majorité d’Américains non seulement à accepter des restrictions dans leur liberté et leurs droits individuels mais à les souhaiter. La transformation d’une machine de « destruction massive » en tigre lui donne un visage « acceptable », représente un processus d’infantilisation des témoins : vous ne voyez pas ce que vous voyez, vous voyez ce que nous vous disons que vous voyez…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si Chronic City ne mentionne pas le 11 septembre, ni même le World Trade Center, le roman se construit toutefois selon une géométrie à deux pôles : d’une part, la fascination pour et la peur du tigre, de l’autre, le brouillard qui a flotté sur la ville au-dessus d’un trou. Mentionné à plusieurs reprises, ce trou, situé uniquement de manière vague comme appartenant au « lower part of the island » (p. 173), est associé à un brouillard gris (« gray fog ») et à une menace vague mais constante. Le trou, jamais nommé, jamais déterminé autrement que par ce brouillard, représente une sorte de No Man’s Land, de terre dangereuse : « I realized I hadn’t been so far downtown since the gray fog’s onset » (p. 233). Autant la machine est, par son association à un tigre, personnalisée, dessinée, autant le brouillard apparaît comme un événement sans date, sans début, sans fin, mais aussi sans cause apparente. Les tours ne sont pas, dans Chronic City, détruites. Elles sont seulement, depuis le brouillard, invisibles : « Philippe Petit crossing that impossible distance of sky between the towers, now unseen for so many months behind the gray fog » (p. 430), comme si, advenant la levée du brouillard, elles ressurgiraient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme avec &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Let the Great World Spin&lt;/span&gt; où la figure de Philippe Petit sert à marquer la distance entre les deux tours, entre le passé glorieux de leur construction et leur absence soudaine, les jours de brouillard, dans le roman de Lethem, rendent visible une rupture dans la vie de la ville, entre l’avant et l’après. Mais Lethem va au-delà d’une simple rupture temporelle. Comme il le fait en mettant en scène le tigre, Lethem utilise le brouillard pour critiquer l’après-11 septembre : « Something happened, Chase, there was some    rupture in this city. Since then, time’s     been fragmented. Might have to do with the gray    fog, that or some other disaster. Whatever the cause, ever since we’ve been living in     a place that’s a replica of itself, a fragile simulacrum, full of gasps and     glitches. A theme park, really! Meant to halt time’s encroachment. Of course such a thing is destined always to fail, time has  a way of getting its bills paid. » (p. 389) La critique de Lethem ne se porte pas sur l’avant-11 septembre. Certes, un changement a eu lieu, dit le personnage, Perkus Tooth, mais c’est depuis le 11 septembre que « nous » vivons dans un monde qui n’est qu’un simulacre, une réplique de lui-même. Un parc thématique, destiné à amusé, à endormir les gens, à les empêcher de voir ce qui se passe réellement, les changements en cours, impossibles à contrer. Si Lethem a, dans ce passage, une vision pessimiste, ce n’est pas tant parce qu’il craint le retour du terrorisme, mais parce qu’on ne peut ruser indéfiniment avec la réalité, elle finit toujours par nous rattraper et demander son dû. Perkus Tooth, sorte de voyant halluciné (drogué et plongé dans son propre brouillard, celui de la marijuana), devient ainsi une Cassandre, annonçant que la fin crainte n’est pas celle qu’on croit, que, voilée, camouflée supposément pour notre protection, elle n’en viendra pas moins et sera alors pire que cette première catastrophe, cette « rupture dans la ville ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aussi sûrement, donc, que Lynne Sharon Schwartz ou Don DeLillo, en attaquant de front les attentats, ont écrit des romans qui s’inscrivent dans la littérature du 11 septembre, avec Lethem, c’est à une autre vision de cette nouvelle littérature qu’on accède : l’événement n’a plus à être nommé, il est en toile de fond, et plane encore sur la ville, comme cette odeur de chocolat, sucrée, qui rappelle l’odeur des corps flottant sur la ville pendant des semaines après les attentats. En rusant avec les figures de l’événement, en les utilisant comme leviers tacites, Lethem construit donc une critique de la mythification du 11 septembre et de ses suites. Il y aurait ainsi une mémoire du 11 septembre dont les auteurs new-yorkais seront peut-être les meilleurs dépositaires.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2271549851798417811?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2271549851798417811/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2271549851798417811&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2271549851798417811'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2271549851798417811'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/08/chronic-city.html' title='Chronic City'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2219250895375162294</id><published>2010-06-23T10:40:00.002-04:00</published><updated>2010-06-23T10:43:20.740-04:00</updated><title type='text'>Fiction de la vérité, vérité de la fiction</title><content type='html'>Je vous invite à aller lire sur le site de Salon Double la réflexion qui a lancé le projet Words Written in Dust.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Voici un court extrait:&lt;br /&gt;Des hommes et des femmes se sont rendus travailler. Voilà le point de départ. Le moment avant que tout bascule. Voilà d’où part ou devrait partir le récit. Peut-être un nom: Paul, John, Jane, Leah. La couleur de leur complet ou de leur tailleur. Le poids du porte-documents. La commande de café, dans le petit bistro à la sortie du métro. Les conversations anodines, autour du déjeuner, ou le silence. Les gestes du quotidien, crème à raser, déodorant, chemise, bas. Le visage fermé du changeur dans le métro, son histoire à lui. Mais écrire ces détails, ce serait déjà s’approprier quelque chose. La difficulté de raconter, pourtant, préfère ne pas nommer, ne pas préciser. Peut-être parce que, dès lors qu’il s’agit de raconter &lt;em&gt;cela&lt;/em&gt;, ces événements, il est inévitable de rencontrer cette sensation: peu importe ce que j’écrirai, au fond. Peu importe comment je le dirai, avec quel mot, comment je décrirai ces vies, ces moments, ces instants. Mon lecteur saura, sans même que je le dise, que mes personnages, si cela en est vraiment, sont condamnés. Il saura que si je dis que le soleil brille, ce sera pour marquer le contraste avec ce qui s’en vient.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Pour lire l'article complet, cliquer &lt;a href="http://salondouble.contemporain.info/antichambre/fiction-de-la-verite-verite-de-la-fiction"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2219250895375162294?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2219250895375162294/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2219250895375162294&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2219250895375162294'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2219250895375162294'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/06/fiction-de-la-verite-verite-de-la.html' title='Fiction de la vérité, vérité de la fiction'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-595185743006640093</id><published>2010-05-29T02:43:00.002-04:00</published><updated>2010-05-29T02:45:35.167-04:00</updated><title type='text'>The Twins</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;The city was quiet, at least as quiet as it could be on a weekday, with the cabs fighting the cars fighting the buses fighting the bikes and the pedestrians and the dogs and the kids on their way across town on 6th avenue&lt;/span&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;. &lt;/span&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;As I sat in the coffee shop, slowly calming myself, my hands wrapped around a bowl of latte, I savored this return to normalcy. The vacation was finally over, I had left the twins at school and somehow managed to tear myself away from them in record time. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;&lt;o:p&gt;It was their first day of first grade. At six years old, they were still full of fears, and as I had attempted to leave them to the care of Mrs. Paul, had clung to me as if I were the last lifejacket on the Titanic. This was not new: when faced with a new experience, they revealed themselves as clinging, crying babies who didn’t seem to trust me when I repeatedly told them I would be back in seven hours. Even though, from the moment of their birth, I had never been late! To people who told me, while I was pregnant, that twins were good because they relied on each other for comfort, I could oppose this ever-repeated image of me having to physically pry myself away from two 35-pound girls whenever I wanted to go to the bathroom.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I had tried everything, read all the books I could find. When they were 4, after I realized I could teach a class on fear of abandonment but could not reassure my own children, I even consulted a child psychiatrist who, after meeting them, simply told me that the twins would outgrow their insecurities when they had “sufficient experience” of me returning when I had said I would. I asked, What is sufficient? He shrugged. I didn’t like the shrug. I resented it. I thought a doctor would have something to offer, tips, exercises. I was willing to accept any blame coming my way to explain my children’s behavior. Maybe I ate too much fish while pregnant. Or didn’t drink enough water. Or didn’t sing enough songs while they were infants. He shrugged again, simply suggesting that my children may have suffered a small trauma while in the womb. Or they were experiencing vicarious trauma, for something I had not properly dealt with in my own life. I could think of no such thing. Nothing “significant” enough to explain why two 4-year olds needed to be hand-held for every single activity, even when their play dates couldn’t run fast enough from their own parents.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-outline-level:1"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I left the doctor’s office none the wiser and attempted to weather the storms.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I had now lived through 6 years of this dictatorial regime, condemned to pee with a child on my lap, to sleep knowing that the smallest noise, even a snore, could unleash the two-head monster that had bunk beds in the other room, 6 years during which I scarcely had a moment to myself because no babysitter would come twice. After going through an alarming number of undergrad students to look after my girls, I realized quickly that the babysitters had even started speaking among themselves and none would dare answer to my calls for help. So after all this time, I had come to the realization that nothing I could do to make my children feel safe and secure would be enough. I would, always, come short. Always, or until they had, how did the good doctor put it, “had sufficient experience” of my faithfulness to my word. I still stayed with the babysitter until the girls were starting to wander around the room. I still worried about what I would find when I returned, or the report I would get from whomever was in charge. But I had, somewhat, come to terms with my failings, and understood that it would take time. And that the best I could do was, aside from being a good mother, to make sure that no adult left with my girls suffered too much. So this morning, the fact that it took me only 20 minutes to settle the girls well enough for me not to feel guilty for leaving them with their teacher made me feel like celebrating. It was getting better. All summer I had seen small improvements, brief moments when the girls forgot to be scared and enjoyed themselves. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'Times New Roman', serif;"&gt; &lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'Times New Roman', serif;"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I entered a coffee shop and sat down with the students and the artists working at the other tables. I could not do this often; it implied having free time, which had become scarce since Chuck had left us. That lack of time, or relief, was the only downside to our separation. Ever since we had found out that I was expecting twins, Chuck had been an asshole, as if that extra baby that Mr. Planning could not foresee had pushed him back into his adolescence. He left after their first birthday party, simply telling me it — meaning the kids, the noise, the lack of downtime, the burden of responsibilities —would only get worse.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;As I sat drinking my coffee and eating a pastry, I smiled at the private joke: it was finally getting better, and I alone would get to enjoy it! Chuck had decided to see the girls only in family gatherings, where he could dump the care of our daughters on his mother, sisters, sister-in-laws; even his brothers where better at this than him. I had his guilty conscience to thank for the fact that he paid, however, his child-support like clockwork, and very generously, I might add, and did not want to formalize our separation by a divorce until either one of us needed it. It was, therefore, the best of both worlds: I didn’t have to move or find cheaper babysitters, and he was free of the care of our children. Free moments, like now, were nevertheless few and far between. Soon, I would have to go back to work. But, I still had an hour.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;It didn’t happen suddenly. A murmur started in the coffee shop, and it took a while for it to become strong enough to reach me. A young man stood up, and said in a shaking voice that the World Trade Center had been hit by what was believed to be a plane. I asked him what kind of plane. Where on the tower. Which tower. He didn’t know. He knew nothing, in fact, aside from the small fact that an object hit a tower on a day where you could see for miles. In the back of my mind, I figured either it was a joke, or it was not an accident. A joke, in this oh-so-politically-correct time, seemed unlikely. An accident would have made much more sense had it involved one of those tourist planes over the many midtown buildings concentrated on a small block. Or way downtown, close to Wall Street, in those old streets. But… but no, there was no way that a pilot could forget or lose track of the towers. Not those big monsters. I left $10 on the table, took my bag and left.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I made my way onto the street. There was a hush on the corner of 12&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; street and 6&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; avenue, even with the screeching of the fire and rescue trucks going downtown. I stood on 6&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt; , looking at the smoke pouring from the tower. I could not see much, I mean aside from the smoke, and the faces of the other onlookers as we stood there. Around me, there were a few cries, and yet most of us where mostly curious. A plane, there. Why not crash in the river, instead, if a crash was inevitable? I started walking down 6&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt;, planning to get closer, to get a better view. Somewhere around 4&lt;sup&gt;th &lt;/sup&gt;street, the vibrations of a sound above me made me, instinctively, crouch. It happened fast, too fast for me to even register it, as if the sound and the vibrations had lingered in me longer to allow me to associate them with the sudden explosion of reds and blacks and white feathery papers that filled the sky.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;Now I knew. I knew it could not have been an accident. And I was not alone in the understanding: all around me, the chattering that had united dozens of bystanders stopped and was replaced by a cry, a gasp, and a few curse words. My mind was blank, still inhabited by the vibrations and sounds and papers, still filled with the sudden knowledge that something had shifted, some quiet balance that had kept the world at bay and protected us from the bombs of the others. It had not been peace. Nor had it been, after all, our might. It had, only, been a truce.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I started backing up, unwilling to look anywhere else, yet aware, deep in my mind, that getting away from the buildings could possibly be something along the lines of sanity. I kept bumping on people who merely mumbled instead of the rude words I would have normally received, had I attempted this delicate maneuver on any other day. People were sobbing now, frantically dialing on their cell phones, pointing at the towers. The voices were coming back, hitting higher notes, as the people related to newcomers what had happened. I could not see their faces, as I walked backwards, yet I envied the new guys: they didn’t know. They could still live in that time before the end of the truce, they could still delay the realization. We couldn’t. We, the people who saw, could not tear our collective gaze from the smoking guns ahead of us. I suspected that the images had been seared onto our retinas.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;Suddenly, as I was expecting something else to happen, I thought of the girls. I had forgotten them, for a few minutes, and it appeared like an unforgiveable act. If my going to the bathroom scared them, what would this do to them? I turned away from the towers and started running, my bag hitting the crush of people still gathering on the street corners, my mind suddenly filled with one thought: getting to my kids before… I didn’t know before what. I couldn’t finish the thought. Something else, something even worse could happen, would happen, was happening, right now, and I had been stupid enough to attempt to get closer to the buildings, forgetting I had responsibilities, two lovely, so lovely girls.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I saw the streets run by me, 7&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt;, 8&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt;, 9&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt;, 10&lt;sup&gt;th&lt;/sup&gt;, and finally found myself in front of the school. I was not alone there. Parents where arriving from every direction, talking nervously to one another. Most had been on the subway when it happened, or making their way towards their desks. A few, like me, had seen it from a street corner. Others had just arrived at the school with their excited children, expecting a normal day, protected, by some magical enchantment, from the knowledge that united all the others. I didn’t know these people. My kids were only starting first grade, so I had not made many friends among the parents. Yet, as we stood waiting by the doors for our sons and daughters, knowledge created a bond, however fraught by the differences in understanding and witnessing of something that lacked, at least for now, a distinct meaning. We didn’t know, aside from the little that we knew and could fit in one sentence (two planes hit the towers of the World Trade Center), what it all meant. Was it over? What was happening, high in the towers?&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;I had left the girls at school less than an hour ago. During that hour, I had seen planes and papers doing things that made no sense. All I wanted was to hold my kids, and promise that I would never leave them to deal alone with all that. I expected them to be scared, troubled, even traumatized by the sounds of the explosions and the sudden change in their routine caused by my arrival at school around 9:30. I expected them to punish me, in a way, for that. I expected them to cling even closer to me now, and it made sense, after all. I suddenly welcomed it. I may have been 36, but if my mother were alive, I would hide on her lap, with her hand stroking my hair, the other one on the small of my back, her voice soothingly telling me that everything would be ok, that we were safe. I wished my mom was still there, because she would have taken us in, my daughters and me, and hugged us until the images of the plane being swallowed by the tower receded from my burnt eyes.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;But I was the mother now. So I walked into the school, and stood in front of Mrs. Pauls’ first grade class, expecting to witness some unrest in the classroom. Surely, they had heard. Or at least felt the turmoil that was taking the city. Yet, all 25 kids were sitting in a circle, listening to Mrs. Pauls read a story. Julianne and Katherine were not even side-by-side. Katherine was giggling in the ear of some blond little girl, while Julianne, sitting between a redheaded boy and a sturdy girl, had a serious frown on her face. Mrs. Pauls stood up when she saw me in the doorway. She walked towards me, and though my girls saw me, they didn’t move an inch, simply looking at each other. She asked if I was sure I wanted to “disrupt” the children. As if my coming there to rescue my kids and bring them to safety was more disruptive than what was going on downtown! I was gearing myself for an argument when we heard some yelling. Mrs. Pauls, ever so stoic, walked slowly in the hallway, towards the sound. The principal was standing in front of a TV screen, his hands on his mouth. He turned to face us, and simply said “It’s gone”. What could be gone? “The tower, the other tower. It disappeared.”&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;As if what I had seen so far made sense, this new level of impossibility struck me to my knees. Where could it have gone? I looked at the images, attempting to decipher the dust and the cloud of debris. Surely, something would be left, at least half of the tower, the one half that wasn’t touched by fire. Mrs Pauls had put her hand on my shoulder. Quietly. If that tower can go, she murmured, then the other one will too. You can’t leave. The children can’t leave.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;And so we waited. I sat in the girls’ classroom, watching them listening to Mrs. Pauls’ stories, Katherine and Julianne, giggling girls who now looked nothing like the crying babies I had left 2 hours before. They didn’t even come to sit with me; they stayed in their place, Katherine beside the blond girl, Julianne with the redheaded boy. Until the parents of the other children came, we stayed. And then, around 2 or 3 in the afternoon, when it became somewhat clear that the worst was over, we left. The twins asked for ice cream: it smelled too bad to eat outside, so we bought it and walked home. There, they ran to their room, unfazed by the sounds and smells, and left me alone in the living room. I offered to read them a story, to play with them. I asked if they needed to talk about their day. They shrugged.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify"&gt;&lt;span lang="EN-US" style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-ansi-language:EN-US"&gt;They didn’t even realize it when I stepped outside, on the landing, to discuss the day with the neighbors.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;   &lt;/span&gt;&lt;p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-595185743006640093?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/595185743006640093/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=595185743006640093&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/595185743006640093'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/595185743006640093'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/05/twins.html' title='The Twins'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-5450577979050916990</id><published>2010-05-24T21:06:00.002-04:00</published><updated>2010-05-24T21:20:53.382-04:00</updated><title type='text'>Une question de structure</title><content type='html'>Depuis quelque temps, un peu avant que Ginny ne rencontre Leah dans l'escalier de la tour nord, je me demande si mes nouvelles ne sont pas autre chose que des nouvelles. S'il n'y a pas là quelque chose comme une trame narrative plus large. Je ne dirai pas un roman, il m'aurait fallu y penser avant. Mais... Mais je ne sais pas. Dans le cas de plusieurs des textes les plus récents, je sens que le texte arrête, qu'il a besoin d'une pause, qu'il a besoin que je passe à un autre personnage avant de revenir à lui. Je me rends compte que sans nécessairement tous se rencontrer, mes personnages s'imbriquent dans quelque chose de plus large. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors je me prends à rêver de pouvoir les dessiner dans les tours, les placer, physiquement, pour pouvoir les raconter, leur donner des points de repère, une chronologie. Comme si pour raconter le 11 septembre, il fallait redonner une prise au temps.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-5450577979050916990?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/5450577979050916990/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=5450577979050916990&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5450577979050916990'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5450577979050916990'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/05/une-question-de-structure.html' title='Une question de structure'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2530759812634890982</id><published>2010-05-17T15:48:00.003-04:00</published><updated>2010-05-17T15:56:44.201-04:00</updated><title type='text'>Les paires</title><content type='html'>Je relis le manuscrit, et me rends compte que presque tous les personnages viennent en paires, alors que, dans &lt;i&gt;Autour d'eux&lt;/i&gt;, mes personnages étaient seuls. Ces personnages-ci le sont aussi, après tout, peut-on être autrement que seul devant la mort? Mais ce qui m'intrigue, c'est de me rendre compte que, pour écrire le 11 septembre, je suis passée par les relations des personnages avec ceux qui restent. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ainsi, Ginny, seule dans l'escalier, croise Leah sans la rencontrer, et Leah, en retour, est transformée par la détermination de Ginny qui lui donne le courage qu'elle refuse. Phil existe dans le recueil parce que son frère le cherche, ne veut pas l'abandonner dans les décombres. Eileen, face à sa propre mort, ne voit d'autre possibilité que de contacter ceux qu'elle aime, et à défaut de rejoindre ses enfants et son mari, elle appelle son père. Ne croyez surtout pas que mes personnages voient leurs relations changées par le spectre de la mort. Ce n'est pas de cela dont il s'agit. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;En fait, je ne sais pas ce dont il s'agit. Peut-être n'est-ce qu'une autre évolution de mon écriture. Peut-être est-ce seulement le sujet qui appelle cela. Peut-être aurait-il été trop lourd, trop décourageant, d'avoir une vingtaine de personnes seules, complètement seules au moment de mourir ou de souffrir. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je sais ceci, par contre: je n'écris peut-être pas tant l'histoire du 11 septembre que l'histoire de personnages, l'histoire de Danny et de son frère, l'histoire de Melanie forcée d'expliquer à son garçon que son papa ne reviendra plus, l'histoire de Leah qui veut mourir et survit. Pas tant l'Histoire, que les personnages. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Piètre certitude.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2530759812634890982?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2530759812634890982/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2530759812634890982&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2530759812634890982'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2530759812634890982'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/05/les-paires.html' title='Les paires'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-4453626132094191712</id><published>2010-05-05T08:58:00.003-04:00</published><updated>2010-05-05T15:34:25.793-04:00</updated><title type='text'>À quoi servent les théories du complot?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;David Ray Griffin était à l'UQAM lundi soir. Grand prêtre du mouvement des "truthers", il est venu nous donner sa lecture des faits. Et le mot important est "lecture". J'étais troublée par la foule qui a fait la file pour entrer dans l'auditorium. Tous ces gens, pour ce genre de discours? Déception, donc. Je nous croyais moins crédules...&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai été intriguée à un moment par les théories du complot, je l'avoue. Le film Loose Change a semé le doute en moi par sa construction argumentative. Loose Change, Griffin et les autres (Meyssan, par exemple) ont l'avantage de proposer une version séduisante des attentats qui, en contredisant la version officielle dénonçant l'impuissance des services de sécurité, des secouristes, des immeubles même, vient dire que tout était prévu d'avance, et non seulement prévu, mais planifié par les figures du pouvoir interne. Autrement dit, au lieu d'avoir à accepter l'inimaginable, à savoir que personne n'a pu les protéger, même leur gouvernement, les &lt;i&gt;truthers&lt;/i&gt; décident de croire à une version où l'ennemi est intérieur, donc identifiable. "Le fait de croire en des choses irréelles nous aide à supporter la vie réelle", dit Nancy Huston au sujet de la foi dans &lt;i&gt;L'espèce fabulatrice.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les théories du complot fonctionnent comme les dessins à numéro de notre enfance: elles organisent, relient des faits bizarre afin de révéler un dessin/dessein caché. Elles abolissent le hasard, la fatalité, le chaos, en disant : regardez, là, là, là, voyez comme tout peut faire sens si vous &lt;i&gt;acceptez&lt;/i&gt; de voir la vérité. Autant Chossudovski venu présenter les conférenciers que Griffin ont martelé que "les faits étaient indéniables", que la science ne trompait pas. Les tours du World Trade Center ne se seraient pas effondrées sans l'intervention d'explosifs. Les témoins ont entendu des explosions. Ils disent cela, nous répétant que voyons, la science, la science mes amis, vous voyez bien que vous ne pouvez pas nier la vérité. Mais ils négligent de parler de faits tout aussi indéniables: préparer des immeubles pour une implosion prend des mois. Des mois au cours desquels des ouvriers auraient placé des explosifs contre les colonnes. Comment faire cela pendant que 45000 personnes visitent les tours à chaque jour? Et les explosifs auraient été déclenchés lors des premières explosions, lorsque les avions ont heurté les tours. Mais alors, les entend-on presque suggérer, les explosifs ont été installés &lt;i&gt;après&lt;/i&gt; les avions. En 102 minutes, donc, et beaucoup moins pour la tour sud? Difficile, d'un point de vue scientifique, d'accepter cette possibilité. Ok, ok, pourraient-ils admettre. Mais les explosions? Vous voulez dire le feu rencontrant par exemple des réservoirs qui alimentaient des génératrices, des sources électriques? Ok, ok, mais alors, les "puff" de fumées, lorsque les tours se sont effondrées? Vous voulez dire la force même de l'effondrement, qui a compacté les tours de 110 étages en 7 étages de débris, donc compressé à la fois le contenu des tours et l'air?&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne nie pas le fait que les États-Unis ont profité des attentats pour faire accepter une augmentation des coûts de la défense, une diminution des droits par le Patriot Act, ni même qu'ils ont utilisés les attentats comme leitmotiv pour contrôler la population. Mais après le fait. Oui, cela a servi leurs intérêts. Mais comment auraient-ils pu planifier la chose? Une telle planification aurait supposé que plusieurs milliers de personnes, au gouvernement tout comme dans les services de sécurité et les services militaires, auraient été au courant des attentats. Dans une ville comme Washington où, comme le disait je ne sais plus quel intervenant, les secrets sont impossibles parce que chacun court immédiatement vers les médias pour être la personne qui révèle le scoop? Quand même!&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les théories du complot interviennent lorsque a) l'explication fragilise la perception d'un peuple, entraînant une insécurité; b) l'explication ne dit pas tout, comme dans le cas présent, soit par peur des conséquences, soit parce que l'information manque, soit parce qu'elle ne dira jamais assez devant l'ampleur d'un événement. Les théories du complot jouent le même rôle, en fait, que la religion et les mythes fondateurs: parce que l'humain ne comprenait pas comment la terre avait pu être créée, parce qu'il avait besoin d'apposer un sens et un récit à des faits qui le dépassaient, il s'est inventé une histoire. À chaque fois que l'humain a peur, souffre, il s'invente une signification qui transcende la peur et la douleur: karma, destin, fatalité. "Tout cela aide &lt;i&gt;effectivement&lt;/i&gt; les gens à vivre, à supporter la douleur de la perte, à faire le deuil, à renouveler leurs énergies pour le lendemain", écrit encore Huston. Cela ne veut pas pour autant dire que Jésus est né de l'immaculée conception, ni que Moïse a séparé les eaux. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La religion, tout comme les théories du complot, est un récit. Ce récit, il nous appartient de l'interpréter, de le considérer comme récit et non comme vérité. Et il nous revient, aussi, de nous méfier, lorsque la propagande s'agite et, au lieu de nous proposer une explication, nous incite à crier devant des faits qu'elle présente comme "indéniables". La seule chose qui est indéniable, lorsqu'il est question du 11 septembre 2001, c'est que les tours du World Trade Center n'existent plus, et ont entraîné la mort de milliers de personnes. Tout le reste peut être réinterprété. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis allée voir Griffin par curiosité, mais aussi parce qu'il me semblait que je le devais. J'ai expliqué, avant la conférence, ma "théorie", ma lecture des théories du complot comme récit fondateur, remplaçant dieu pour comprendre l'incompréhensible. J'ai lutté tout au long de la conférence pour ne pas hurler, déconstruire au fur et à mesure le discours de Griffin, en ajoutant d'autres données à ce qu'il disait. Je ne savais pas, viens à peine de le découvrir, que Griffin, professeur retraité de théologie, enseignait jusqu'en 2005 dans une université très religieuse, et dans un département dont la fonction première est de former de futures prêtres. Je ne le savais pas, mais l'ai tout de même reconnu dans son discours. Il parle bien, Griffin. Il a un vrai talent d'orateur, il est convainquant. Cela ne veut pas pour autant dire que sa vision du monde, séparée entre le vrai et le faux, les bons et les méchants, tient la route.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-4453626132094191712?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/4453626132094191712/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=4453626132094191712&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4453626132094191712'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4453626132094191712'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/05/quoi-servent-les-theories-du-complot.html' title='À quoi servent les théories du complot?'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8423746477522131479</id><published>2010-04-29T17:15:00.004-04:00</published><updated>2010-04-29T17:20:34.652-04:00</updated><title type='text'>L'américanité</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: small; "&gt;* Je reprends ici le texte prononcé lors de la table ronde "L'écriture américaine" organisée par Andrée A. Michaud, 24 février 2009.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-family: 'Times New Roman', serif; "&gt;Je suis née le 11 septembre 2001, le dos soudé à un futon orange, les pieds posés au sol pour me retenir de fuir. Je me suis éveillée devant les images diffusées à l’écran d’avions s’encastrant dans des tours. Jusqu’à ce matin dont je ne peux plus me défaire, j’avais eu devant le monde et la politique l’attitude de l’enfant choyée qui croit que le monde se passe dehors, loin d’elle. Je n’étais pas si jeune, pourtant, ce qui veut dire que je n’avais pas d’excuse. Mais je ne m’étais jamais véritablement sentie concernée, touchée par ce que je voyais dans les journaux télévisés. L’effondrement des tours du World Trade Center avait beau se passer à des centaines de kilomètres de chez moi, je ne pouvais plus désormais hausser les épaules et dire que cela ne me touchait pas. Le continent américain venait de rétrécir, pendant que le café refroidissait dans la tasse que j’avais oubliée dans ma main.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt;Je n’ai jamais pensé mon écriture en terme d’américanité. Peut-être parce que je n’ai jamais, ou alors si peu, pensé la littérature sous les auspices d’un corpus national, mais en fonction des auteurs qui m’habitaient ou m’accompagnaient pendant un moment. Je sais toutefois que je me trouvais davantage d’affinités avec la littérature russe qu’avec les Français. Et que jusqu’à ce que je sois capable de lire les romans américains en anglais, je ne connaissais de cette littérature que certains auteurs, comme Paul Auster, dont les traductions par Christine LeBœuf me faisaient frémir tant je reconnaissais qu’elle ne savait rien de la réalité nord-américaine. Quant à savoir ce que cette réalité nord-américaine pouvait bien être, je n’étais pas convaincue de pouvoir proposer une réponse qui se tienne.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt;Je crois que ce qui a changé, le 11 septembre, n’a d’abord pas concerné mon rapport à l’écriture, mais mon rapport au monde. J’ai vu les mêmes images télévisées que les États-Uniens. J’ai écouté les mêmes reportages. J’ai eu, en somme, accès aux mêmes informations que les résidents des États-Unis ne se trouvant pas directement dans la ville de New York. Et ce que j’ai vu m’a ouvert les yeux, me faisant douter de choses prises pour acquis pendant si longtemps : la sécurité, le quotidien, les immeubles. En s’effondrant, les tours m’ont révélé à quel point le point de vue protégé de l’occidentale que je suis était précaire. Je ne pouvais plus, en somme, faire comme si ce qui se passait par exemple au Moyen-Orient ne pouvait m’affecter.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt;En modifiant le regard que je posais sur le monde, il est inévitable que les événements de septembre 2001 modifient également mon écriture. Je ne me suis pas mise à écrire tout de suite autour des événements, il me faudrait des années avant d’y arriver. Mais j’ai commencé à penser mon rapport à l’écriture et à la littérature en fonction non plus de la langue dans laquelle j’écrivais et lisais, le français, mais en fonction de l’appartenance à un continent, l’Amérique. Non pas que je développe dans mon écriture une réflexion poussée sur la question : je suis, tout simplement, consciente de vivre en Amérique, mon rapport au monde, au paysage, à l’espace, à la politique même est un rapport américain.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt;La question, le doute, l’inquiétude, est celle de devenir davantage États-Unienne que nord-américaine. Après tout, je passe maintenant tellement de temps à lire en anglais que je me retrouve à commencer des nouvelles en anglais, et à devoir faire l’effort conscient pour les recommencer en français. Je ne sais pas où cela peut me mener. Je sais seulement que si la France continuer d’exercer un certain attrait, je ne peux nier que mon regard, maintenant, se tourne vers l’Amérique. Peut-être ne suis-je que le résultat de ce bombardement culturel venu de nos voisins du sud : télévisions, nouvelles, littérature, cinéma. Ou peut-être tout cela n’est-il que le résultat bien simple d’une proximité entre deux nations nées presque en même temps, et s’étant construites sur une période relativement courte.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt;Je sais que me définir d’abord comme Américaine, au sens d’une appartenance continentale, apparaît pour certains comme un abandon de la réalité identitaire québécoise. Après tout, mon attachement grandissant pour la littérature, la culture et la langue anglaise n’est-il pas sur le point de provoquer mon assimilation, cela même contre lequel le Québec lutte? Pourtant il me semble que ce que l’américanité veut dire, pour moi du moins, ce serait le principe d’une rencontre : les cultures et microcultures québécoise, canadienne, étatsunienne, amérindienne et mexicaine se nourrissant l’une de l’autre et s’affranchissant d’un attachement « filial » avec l’Europe. Cet attachement filial n’est pas mauvais s’il nous permet de reconnaître certaines de nos racines. Mais il ne peut non plus nous empêcher de reconnaître que ce continent sur lequel nous nous sommes construits a sa propre histoire, une histoire que nous avons en partie créée, en partie héritée de ses premiers habitants, en partie adaptée et transformée de ce que nous avons amenés avec nous en partant d’Europe. Et j’ai beau, du moins en ce moment, être habitée par une culture et une littérature états-uniennes, il n’en demeure pas moins que je garde devant elles un certain recul, celui que me donne ma position de québécoise. Je distingue donc américanité et &lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;états-unité,&lt;/i&gt; puisqu’ils n’ont pas non plus le monopole de ce continent. En somme, il s’agit peut-être moins pour moi de définir mon rapport à l’américanité en termes exclusifs, de placer l’Amérique, le Québec, le Canada, les États-Unis, la France, etc., en opposition, et davantage de voir mon rapport au monde par les points de rencontre entre les différents mondes. Je suis, après tout, de la génération qui a vu le monde rétrécir avec le web. Il n’est donc peut-être pas étonnant que je ne ressente pas la nécessité de me définir en fonction d’une seule identité, d’une seule appartenance.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;"&gt;&lt;o:p&gt;Je suis née le 11 septembre, ai-je dit au tout début. Ce n’est pas que cet événement a importé davantage que d’autres dans l’histoire de l’humanité. Mais c’est probablement que ce n’est que ce jour que j’ai compris que je faisais partie de cette humanité, et surtout que j’ai compris que cette plaque sur laquelle je me trouve, quelque part sur l’océan Atlantique, n’était ni aussi grande, ni aussi petite qu’elle pouvait paraître à première vue. &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;   &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8423746477522131479?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8423746477522131479/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8423746477522131479&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8423746477522131479'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8423746477522131479'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/lamericanite.html' title='L&apos;américanité'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3686157641292634371</id><published>2010-04-24T21:50:00.004-04:00</published><updated>2010-04-27T21:28:02.690-04:00</updated><title type='text'>La vérité? (2)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Si la masse des faits pèse sur les événements du 11 septembre 2001, c'est aussi parce qu'ils paraissent incontournables. Je ne referai pas ici le parcours de ces chiffres. Je dirai seulement ceci: écrire le 11 septembre 2001, peut-être est-ce avant tout se ménager un espace à travers les faits qui, pour indiscutables qu'ils soient, voilent l'événement. Toujours à Métropolis Bleu, Marc Zaffran, alias Martin Winkler, a expliqué que tous les faits médicaux de ses différents romans étaient justes, vérifiables. Qu'il importait pour lui que la fiction ne soit pas, en somme, l'occasion de désinformer. Il accordait donc à la fiction un rôle, une "mission". &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un ami à moi, très bon d'ailleurs, a écrit une nouvelle sur le 11 septembre, parce qu'à force de lui en parler, j'ai fini par le contaminer. C'est une très bonne nouvelle, très solide, avec un personnage intéressant. Sauf que. Sauf qu'elle joue avec la vraisemblance, avec ce que devait être la situation en haut de la tour nord, dans le restaurant Windows on the World. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quelle latitude avons-nous avec les faits? Certes, il faut les bouger, les transformer, les adapter, bref, les traverser par l'écriture. Mais devant un événement réel, historique, jusqu'où pouvons-nous aller? Mon ami dit: justement, nous pouvons tout faire. Et normalement, je serais d'accord. Normalement, c'est à dire, pour tout ce qui ne concerne pas le 11 septembre 2001. Ce projet, dans lequel je suis entrée il y a trois ans. Que la fiction ne puisse faire autrement que d'inventer ce qui s'est passé derrière les façades brillantes des tours, cela ne fait aucun doute. Mon problème est ailleurs: les faits, les données, les dates, les heures, je ne peux pas les contourner, les éviter, bref, je ne peux pas les nier. Ils sont là. Pour écrire mon 11 septembre, celui de mes personnages, c'est un espace à même ces faits que je dois me ménager. Et il me semble que c'est ainsi, en étant le plus juste possible, le plus "vraie" possible, que je parviendrai à écrire autour de cet événement. Je ne fais pas un roman historique, mais pour écrire, j'ai besoin de savoir que cette chose au titre et au visage changeant (parfois recueil de nouvelles, parfois tirant vers le roman) ne pourra pas être attaquée sur le plan des faits: tout le reste, oui. Mais sur les faits, sur la probabilité que mes personnages aient pu exister, même s'ils sont totalement inventés, non. Personne n'a survécu en haut du point d'impact dans la tour nord. Au restaurant Windows on the World, la chaleur, la fumée étaient étouffantes. Au 78e étage de la tour sud, la survie à l'impact du deuxième avion n'était pas impossible, mais rare. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n'ai de l'événement que des faits épars, des images vues à la télévision, des photographies, des histoires entendues. Pour le reconstruire, lui donner sens, je comble les espaces laissés béants entre ces faits. Je ne fais pas un ouvrage historique, je le rappelle. Mais si je ne considère pas que mon livre a une "mission", il me semble qu'il ne peut pas mentir. Qu'il ne peut pas détourner les faits. Tout le reste, oui, le reste étant l'image qu'on a voulu donner de l'événement, sa cristallisation en figures (le héros, la victime, le bon, le méchant). La liberté d'écrire le 11 septembre, elle vient d'une recherche de vraisemblance qui repose pour moi non pas sur un abandon de la véridicité, mais sur une négociation avec le réel: ce que je peux transformer, ce que je dois accepter. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3686157641292634371?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3686157641292634371/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3686157641292634371&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3686157641292634371'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3686157641292634371'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/la-verite-2.html' title='La vérité? (2)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3684613848727048022</id><published>2010-04-24T21:18:00.003-04:00</published><updated>2010-04-24T21:53:56.216-04:00</updated><title type='text'>La vérité? (1)</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je repense souvent à l'accident de mon frère. Les faits sont indiscutables: un homme, seul dans sa voiture un mercredi soir, dévie légèrement de sa route, à quelques kilomètres de chez lui, et se retrouve dans la voie d'un camion qu'il ne parvient pas à éviter. La force de l'impact ne pardonne pas. Le camion échoue dans un champ de maïs, la voiture de l'homme est détruite. Voilà les faits. J'ai eu beau tenter de comprendre l'incompréhensible, je n'ai pas pu savoir avec certitude ce qui s'était passé pour qu'un bon conducteur comme mon frère se retrouve là où il était. Toutes les explications sont demeurées dans les airs, même les plus difficiles à envisager, celles qu'on s'empresse de déconstruire parce qu'elles font trop peur. Je ne crois pas au suicide comme option, je le dirai tout de suite: mon frère était beaucoup trop précis, déterminé, pour risquer de se manquer, de survivre, ou pour blesser volontairement quelqu'un. Mais a-t-il eu un malaise? Les vents étaient parait-il forts, ce soir-là. Son jeep a-t-il été déporté par une bourrasque venue des champs? Et si la cause était un simple moment d'inattention, comme tout conducteur a à un moment ou à un autre, comme mon frère a peut-être eu très souvent pendant ses vingt ans de conduite automobile? Je ne sais pas. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après son décès, accompagnant les pourquoi pour lesquels je n'avais pas de réponse, parce que celui qui aurait pu m'expliquer ce qui s'était passé ne pouvait plus répondre, j'ai aussi demandé comment. Médicalement. Presque froidement. Non, pas froidement, ce n'est pas vrai. Plutôt, méthodiquement: je voulais comprendre comment le corps de cet homme que j'aimais tant avait pu l'abandonner. Mon frère, lorsqu'il était petit, disait toujours "veux voir". Je repense à cela, ici maintenant, et me rends compte que si lui voulait voir, moi, je voulais comprendre. Alors lorsque je n'ai plus eu de mon frère que les souvenirs du soir de sa mort, du choc de le voir là, immobile, j'ai voulu comprendre la mécanique de son corps, de ses blessures, pour parvenir, difficilement, à admettre que mon grand frère n'avait eu aucune chance, et que s'il avait survécu, cela aurait été d'une manière qu'il aurait totalement refusée.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Que reste-t-il, après la mort d'un être aimé? Les faits s'apaisent, à un moment. Ils sont là, ils voilent encore, mais il vient un moment où pour comprendre, pour appréhender cette nouvelle réalité, il nous faut envisager les choses autrement, reconstruire un récit de l'événement qui intégrera ces faits, dans le meilleur des cas, mais qui comblera les espaces que les faits n'expliquent pas. Et au bout du compte, ici, maintenant, que mon frère ait eu un malaise, qu'il ait oublié de regarder devant lui, qu'il ait été emporté par un mouvement de colère ou la recherche d'un téléphone, ne change pas grand chose au fait qu'il n'est plus là. Le pourquoi, le comment, ne réparent rien. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n'écris pas la mort de mon frère, c'est vrai. Ou plutôt si, je l'ai écrite à tous les jours depuis le 25 octobre 2006, pour moi, pour la comprendre, pour non pas l'accepter mais vivre avec elle, pour apprendre à voir au-delà d'elle et retrouver mon frère, ma famille, la vie. (Je sais, c'est... mielleux? Laissez passer...)&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;James Frey, à Métropolis Bleu,  a martelé aujourd'hui que les faits et la vérité font deux. Il n'a pas tort: les faits sont peut-être immuables, ils sont également fragmentés: le portrait qu'ils tracent d'un événement ne peut être que troué. Raconter, c'est combler ces trous, c'est adapter les faits pour accéder à une vérité (de l'expérience, du sujet, du texte en cours), pour que le réel de cette fiction, qu'il s'agisse de la mort de mon frère ou du 11 septembre, devienne LA réalité du personnage, du roman, de la nouvelle.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3684613848727048022?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3684613848727048022/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3684613848727048022&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3684613848727048022'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3684613848727048022'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/la-verite-1.html' title='La vérité? (1)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-1652431054921808909</id><published>2010-04-22T21:18:00.000-04:00</published><updated>2010-04-22T21:19:18.575-04:00</updated><title type='text'>Peter et Eva</title><content type='html'>&lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Il voudrait, pour qu’ils la comprennent, pour que son portrait soit le plus vrai possible, il voudrait pouvoir dire qu’elle pleurait toujours après. C’était cela qui l’avait séduit, plus que ses yeux, plus que la passion qui agitait ses mains, plus que son corps de nageuse même si elle détestait l’odeur des piscines publiques. Après l’amour, elle pleurait, des larmes tranquilles, de chaque côté de ses joues, à l’extrémité extérieure de ses yeux. Il s’était inquiété, la première fois, puis il avait compris que c’était à ce moment-là, lorsque les larmes coulaient, qu’elle jouissait.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Il avait connu plusieurs femmes au cours de sa vie adulte, des femmes qui sentaient parfois le besoin d’appuyer leur orgasme de bruits, de sons et de paroles, et passé ses premières années où il avait besoin de preuves pour se croire adéquat, apte à donner du plaisir, il s’était mis à se méfier des bruyantes. Il était si facile, avait compris Peter, de feindre, qu’il avait commencé à chercher d’autres signes chez ses partenaires, des signes plus discrets. Le frémissement d’une main dans son dos. Un son dans le fond de la gorge. Des paupières s’ouvrant brusquement. Peter aimait suivre ainsi la montée de la jouissance des femmes qu’il rencontrait, mais certaines craignaient ce regard attentif à un moment où elles se seraient voulues tellement absorbées dans leur corps que les yeux de leur amant venaient déranger quelque chose. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Leur première nuit aurait pu être qualifiée d’erreur. Un flirt d’ascenseur Trop d’alcool. Un lit. Peter et Eva. Le désordre de vêtements lancés derrière eux, alors qu’ils titubaient vers la chambre. La cavalcade des mains, les têtes qui se heurtent parfois, le déplacement d’un bras, d’une jambe, pour faire place à cette autre chose, ce mouvement soudain unifié. Un cri, non, pas un cri, un son venu du fond de la gorge d’Eva, et un ahanement encore plus profond de Pierre. Des sons aussi indistincts que leurs mouvements. Aussi concentrés que les sensations. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Mais ce n’est qu’après que commencèrent les choses, après cette première nuit où Peter ne remarqua rien de particulier chez Eva, et où Eva fit ce qu’elle avait à faire, ressentit ce qu’elle ressentit, et rentra chez elle au petit matin avec le numéro de Peter sur son Palm Pilot.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Il se la raconte ainsi, la main courant sur le métal chaud de la rampe d’escalier. Voilà quelques étages maintenant que les pieds se débattent dans l’eau venue des gicleurs, aussi inutile qu’une petite tasse à thé pour écoper sur le Titanic. Il sait cela, pendant qu’il avance, il le sait sans avoir vu autre chose que des milliers de feuilles de papiers volant du haut de la tour, confettis pour un mardi de fête. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Eva pleurait. Une larme, de chaque côté de son visage. Il savait ainsi qu’elle jouissait. Il se répète cela, lui, Peter Thornbridge, 38 ans, comme si en l’évoquant, il la gardait en vie, il se maintenait en vie. Les marches, l’une après l’autre, le ressac de l’eau sur les paliers, la sueur dans son dos et sur sa main, la chaleur de la cage d’escalier. Avec la jouissance d’Eva, de petits, tous petits détails l’empêchent de bousculer cette descente de fourmis, sage et rangée, alors que son corps entier lui crie qu’il doit sortir, sortir maintenant, sans tarder. Le temps n’est pas à l’attente, et pourtant, voilà tout ce que Peter fait depuis maintenant 49 minutes. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Lorsqu’il s’arrête un moment pour laisser passer une autre compagnie de pompiers, Peter lit les consignes de sécurité d’un extincteur. Comme si, devant la perspective du feu mangeant son corps, l’homme moyen avec la concentration nécessaire pour intégrer les règles d’utilisation d’un extincteur. Pour mesurer la distance entre soi et le feu, viser correctement, appuyer sur la gâchette. Peter s’interroge sur le nombre d’extincteurs dans la tour, et se demande si quelqu’un, là-haut, s’emploie à attaquer le feu. Il recommence à descendre.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'; min-height: 15.0px"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Étrange n’est-ce pas, dans une ville comme New York où, à l’heure de pointe, il ne faut pas hésiter à pousser pour entrer dans le métro, tout ça pour gagner quelques minutes, arriver plus tôt à destination, étrange que quelqu’un quelque part s’attende à ce que des milliers de personnes empruntent des cages d’escaliers d’une manière calme et posée. Apparemment, oui, s’il en croit le calme relatif avec lequel les pieds suivent le flot maintenant continu de l’eau qui déferle. Une marche à la fois. Poliment. Sagement. Un peu plus, et ils se tiendraient tous par la main, deux par deux, en chantant des chansons d’école. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="font-family:'Times New Roman', serif;font-size:100%;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: 12px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-1652431054921808909?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/1652431054921808909/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=1652431054921808909&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1652431054921808909'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1652431054921808909'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/peter-et-eva.html' title='Peter et Eva'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8061962732105474386</id><published>2010-04-17T21:59:00.003-04:00</published><updated>2010-04-17T22:16:46.730-04:00</updated><title type='text'>L'impossible rencontre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je répète sans cesse aux étudiants: soyez généreux avec vos personnages, ne les laissez pas tomber. Accompagnez-les, au lieu de les juger. Je sais, c'est peut-être un peu n'importe quoi, de belles paroles pour faire accepter à des écrivains en herbe qu'il faut bien traiter ses personnages, les écrire correctement, et non les garrocher sur la page en espérant que le lecteur pourra suivre. Mes étudiants résistent souvent: ben là, madame, c'est arrivé comme ça! Peut-être. Peut-être. Mais je n'étais pas là. Votre lecteur n'était pas là. Alors réinventez-les, au lieu de tenter de les transposer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Depuis un an, je n'avance pas aussi allègrement dans le recueil. Bien sûr, il y a le temps qui manque, les articles à écrire, les cours à donner, le travail, les colloques, la vie. Mais ce n'est pas seulement cela. Je n'ai pas fini d'écrire Bob et Hélène parce que je ne sais pas encore ce qu'il leur arrivera. Parce qu'Hélène est au 78e étage de la tour sud, et que franchement, ce n'est pas du tout un bon endroit où se trouver, le matin du 11 septembre. Alors je ne peux pas l'écrire légèrement. On s'attache à ces petites bêtes-là, comme je le dis souvent. On s'attache à ceux qu'on invente. Alors il nous pousse comme une conscience, qui fait qu'on ne veut pas les faire souffrir inutilement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les bons personnages, ai-je quelques fois dit à mes étudiants, ils restent un moment. On les voit, on les entend. Ils existent. Certains ne nous quittent pas, comme James, du premier recueil, peut-être parce que je n'ai pas fini de l'écrire. Alors de temps à autre, on y revient, on les retrouve, comme de vieux membres de la famille.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Pourquoi je pense à cela ce soir, alors que je pourrais soit a) corriger les dits étudiants ou b) lire un bon roman? Parce que je suis étonnée par ce qui vient de se passer dans une nouvelle. Leah. Leah n'est pas une histoire facile. J'essaie de raconter quelque chose qui lui est arrivé, de raconter comment elle voulait mourir et comment elle semble survivre. Je ne sais pas ce qu'il lui arrivera encore. Elle est dans l'escalier, elle descend en voulant remonter, et je ne sais pas, si elle se rend à la sortie, ce qu'elle fera de sa survie. Mais ce qui est étrange, c'est qu'elle vient de rencontrer Ginny Cooper. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il faut comprendre que même si les personnages de mon recueil sont liés par les événements du 11 septembre 2001, ils ne se connaissent pas entre eux. Ce n'est pas si fou: avec 45000 visiteurs à chaque jour, peut-on vraiment s'étonner qu'une vingtaine de personnes réparties dans deux immenses tours ne se soient pas rencontrées? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ginny est tout le contraire, il me semble, de Leah. Là où Leah regarde en arrière parce qu'elle veut mourir et se demande pourquoi elle survit, Ginny, elle, regarde vers l'avant, résolument, pour ne pas voir la mort, la peur. But this is not a morality play. Je n'ai pas commencé l'écriture de l'une en réponse à l'autre, pour mettre quelque chose en lumière, pour porter un jugement sur Leah, ou sur Ginny. Et je n'écris pas avec un plan en tête, une idée précise de là où iront les personnages, ou le recueil même. Mon ami J-S-D, lui, aime les plans. Pas moi! J'avance à tâtons, et ce n'est qu'à la toute fin que je saurai que je suis rendue. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Alors vous comprenez pourquoi, quand Leah a entendu le pas martial, déterminé, de Ginny, j'ai sursauté. Que ces deux-là partagent la descente, ces deux-là et non les autres, Donald, Tilly, Bob, cela ouvre toute une série de possibilités auxquelles je n'avais même jamais pensé.  &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8061962732105474386?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8061962732105474386/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8061962732105474386&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8061962732105474386'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8061962732105474386'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/limpossible-rencontre.html' title='L&apos;impossible rencontre'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8918754940010687714</id><published>2010-04-16T02:02:00.003-04:00</published><updated>2010-04-16T02:04:10.912-04:00</updated><title type='text'>Leah (3)</title><content type='html'>&lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Elle rêve d’enlever ses chaussures, ses bas, son veston, sa foutue carte d’identité qui continue à presser sur ses côtes. Elle rêve surtout de recommencer son matin, de retourner là-haut. Elle resterait assise à son bureau pendant que s’effareraient ses collègues, calme, posée, leur répétant qu’elle les suivait, là, tout de suite, ne m’attendez pas. Bill la houspillerait un peu, mais l’odeur de la fumée, les bruits aux étages supérieurs, cela suffirait pour qu’il la laisse tranquille, après lui avoir fait promettre qu’elle les retrouverait en bas. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="margin: 0.0px 0.0px 0.0px 0.0px; text-align: justify; text-indent: 35.4px; font: 12.0px 'Times New Roman'"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;La femme devant elle descend avec une détermination martiale. Leah l’envie, pense poser une main sur son épaule et lui demander, tout naïvement, comme elle fait pour être si sûre d’elle quand le gypse tombe et les tours tremblent. Elle l’entend dire &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;grosso modo&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt; et trouve cela étrange, ces mots dans la bouche d’une femme dans l’escalier d’une tour dans un New York que Leah devine peuplé de sirènes et de caméras de télévision. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt; &lt;p style="text-align: justify;margin-top: 0px; margin-right: 0px; margin-bottom: 0px; margin-left: 0px; font: normal normal normal 12px/normal 'Times New Roman'; "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;span class="Apple-tab-span" style="white-space:pre"&gt; &lt;/span&gt;En se levant, le matin après le mariage d’Eleonora, Leah se sentit calme. Pour la première fois depuis mai, l’insomnie ne l’avait pas torturée. Elle prit cela pour un signe, la confirmation que sa décision était la bonne. Elle savait qu’il lui faudrait quelques semaines pour faire de l’ordre dans ses choses, donner des objets, régler la paperasse, s’assurer que personne ne découvre de secrets compromettants. Pas qu’elle eut grand chose à cacher. Mais Leah avait toujours tenu à préserver son intimité. Lorsqu’elle riait encore, et Leah pense à cela pendant qu’elle se laisse guider par la cheftaine devant elle, Leah disait que grandir dans une maison aux chambres sans portes et peuplée de 5 garçons avaient fait d’elle la sauvage qu’elle était. Pas étonnant, racontait-elle, lorsqu’une fillette se fait prendre la main dans sa culotte la première fois où elle s’essaie vraiment à découvrir ce dont les copines parlent à la récréation.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8918754940010687714?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8918754940010687714/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8918754940010687714&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8918754940010687714'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8918754940010687714'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/elle-reve-denlever-ses-chaussures-ses.html' title='Leah (3)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3848272368367765774</id><published>2010-04-13T20:23:00.002-04:00</published><updated>2010-04-13T20:26:58.579-04:00</updated><title type='text'>Leah (2)</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;text-indent: 35.4pt; line-height: 200%; "&gt;Le problème, pense Leah pendant qu’elle sent derrière elle la pression de centaines de marcheurs, le problème, c’est que je ne sais pas pourquoi il me faut me reconstruire. Un matin, en mai, elle s’est levée et tout était devenu compliqué. La veille, rien, aucun problème réel, un peu d’ennuis financiers, un peu d’ennui tout court. Et puis le matin suivant, ce fut comme si le ciel lui était tombé sur la tête, et elle n’a pas pu se sortir du lit avant deux jours. Incapable de bouger. Incapable de faire autre chose que de pleurer, pleurer des larmes qui venaient elle ne savait d’où, qui l’avalaient, l’étouffaient. Elle a cru qu’elle mourrait là, dans son lit, un samedi de mai, pendant que dehors le printemps ressemblait à l’été. Elle a laissé ses couvertures et les larmes prendre le dessus, cessé de retenir le cri rauque qui agitait son corps, et attendu la mort. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;text-indent: 35.4pt; line-height: 200%; "&gt;Mais la mort n’est pas venue. Et Leah a trouvé un élan, juste assez pour se rendre chez le médecin, entre les vélos et les taxis. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;text-indent: 35.4pt; line-height: 200%; "&gt;Elle va mieux, certes. Ne passe plus des heures, recroquevillée dans son lit à peupler sa chambre de sons et de pleurs qu’elle ne peut pas reconnaître. Ils venaient de si loin. Pendant quelques semaines, en juillet, Leah a espéré que cet apaisement annonçait la fin du vide. Elle a rêvé de se retrouver, de se regarder dans le miroir sans dédain, sans voir dans ses yeux le vide qui l’agitait encore. Mais depuis le mois d’août, depuis le 17 août en fait, Leah a compris que le cocktail de médicaments et le sourire apaisant de son psychologue n’ont fait que masquer ce grand trou qui la remplace. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;text-indent: 35.4pt; line-height: 200%; "&gt;Le 17 août, Leah a revêtu sa plus belle robe, celle qui lui a toujours donné l’envie de tourner sur elle-même pour sentir la douceur et le froissement du tissu. Au mariage de son amie Eleonora, sur un bateau parcourant l’Hudson River, Leah a souri, pendant que sa robe s’agitait au vent et que le photographe la regardait en lui disant de se tasser un peu sur la gauche. Elle a dansé, but un peu, bien mangé. Ses amis lui ont dit qu’elle avait enfin l’air d’aller mieux. Elle a opiné, attrapé un verre de champagne. Souri. Ce n’était pas un faux sourire. Mais elle ne souriait pas pour ce qu’ils croyaient tous.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;text-indent: 35.4pt; line-height: 200%; "&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;&lt;span style="font-size:12.0pt;font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-fareast-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;;mso-bidi-font-family:&amp;quot;Times New Roman&amp;quot;; mso-ansi-language:FR-CA;mso-fareast-language:FR"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;Leah n’a jamais aimé laisser les choses en plan. Elle est rentrée très tard du mariage d’Eleonora, soûle de soleil et de l’air marin. L’esprit clair, par contre, pour la première fois depuis ce matin de mai.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;b style="mso-bidi-font-weight:normal"&gt;&lt;br /&gt; &lt;/b&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;    &lt;/p&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3848272368367765774?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3848272368367765774/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3848272368367765774&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3848272368367765774'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3848272368367765774'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/leah-2.html' title='Leah (2)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2549891913923244300</id><published>2010-04-11T22:38:00.001-04:00</published><updated>2010-04-11T22:40:11.579-04:00</updated><title type='text'>Leah et l'ironie</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Leah se bat. Avec la veste empêtrée dans le sac coincé entre la carte d’identification et le portemonnaie qu’elle n’a pas eu le temps de ranger dans le bon compartiment. Elle se bat aussi avec des chaussures trop neuves et trop serrées, avec le désir de s’asseoir là, de ne plus bouger, de se mettre à pleurer, ou à rire, ou à crier. Mais surtout, Leah se bat avec elle-même. Ce n’est pas nouveau, cette lutte, Leah la connaît bien, il lui semble qu’elle l’habite depuis sa naissance. Non, ce n’est rien d’inédit. Sauf que si le combat est le même, les causes, cette fois, sont différentes. Et c’est avec cela que Leah se débat, pendant que ses souliers avalent ses pas, que le portemonnaie menace de se vider sur le sol, et qu’elle se demande sans cesse pourquoi elle continue à avancer. Les autres, elle les comprend. Ils veulent survivre. Mais elle? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-indent:35.4pt;line-height:200%"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Leah est arrivée au travail à 8h30 précises pour ce qu’elle savait sa dernière journée de travail. Pas seulement pour la compagnie. Ce mardi serait son dernier mardi, elle avait décidé d’en finir. Sa vie n’était pas si triste, ni si vide. Mais elle ne lui apportait plus rien. Leah, depuis mai, se sent vide. Neutre. Voilà le bon adjectif : neutre. Elle voudrait pouvoir pleurer, crier, hurler, elle rêverait de ressentir quelque chose, autre chose que ce grand silence en elle qui ne lui laisse aucun répit. Elle ne sourit même plus lorsque le soleil lui chauffe le visage ou que le rire d’un enfant surgit de nulle part. Tout l’été, elle a attendu, espéré que quelque chose se réveille en elle. Vu un psychologue. Pris des médicaments, pilules jaunes, bleues, blanches, qui l’étourdissaient et ne faisaient pas plus que mettre ce silence en elle en sourdine. Soyez patiente, lui ont dit tant le médecin que le psychologue. Il faut du temps pour se reconstruire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Le problème, pense Leah pendant qu’elle sent derrière elle la pression de centaines de marcheurs, le problème, c’est que je ne sais pas pourquoi il me faut me reconstruire. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;    &lt;p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2549891913923244300?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2549891913923244300/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2549891913923244300&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2549891913923244300'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2549891913923244300'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/04/leah-et-lironie.html' title='Leah et l&apos;ironie'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-1892054157308955206</id><published>2010-03-31T11:53:00.005-04:00</published><updated>2010-03-31T20:01:27.433-04:00</updated><title type='text'>Le sens des nombres</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Le 11 septembre est un événement habité par des nombres:  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span lang="FR"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;sur les 17400 personnes qui se trouvaient dans les tours au moment des attentats, environ 15000 personnes ont pu être évacuées. Dans la tour nord, 1402 personnes sont mortes, dont les 658 employés de la firme Cantor Fitzgerald présents ce matin-là. Dans la tour sud, 614 personnes sont mortes. 18 personnes se trouvant au-dessus du point d’impact dans la tour sud ont réussi à s’échapper. Aucune dans la tour nord. En tout, en comptant les victimes dans les avions et à Washington, 2819 personnes sont mortes. 77 % des victimes étaient des hommes, 23% des femmes. Entre 100 et 200 personnes seraient tombées ou auraient sauté des tours. 289 corps ont été retrouvés intacts à New York. Et les coroners ont eu à étudier 19858 restes humains. Dans le cas de 1717 familles, il n’y a eu aucun reste, aucune parcelle de corps à enterrer. Encore aujourd’hui, 9 ans après les attentats, le travail d’enquête sur l’identité des victimes continue. En plus des 2 tours de 110 étages qui se sont écroulées en 102 minutes, 5 autres immeubles se sont écroulés ou ont dû être démolis à cause de l'étendue des dommages. Les attentats du 11 septembre ont éliminé 124 millions de mètres carrés d'espaces à bureau.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ces nombres forment à la fois le paysage et le voile du 11 septembre: ils renvoient à l'ampleur de l'événement, à la destruction humaine et immobilière. Ils rappellent ces images vues et revues d'un nuage de débris envahissant les rues. Le poids des nombres est tel que, parfois, ils sont brandis pour empêcher les questions, les doutes, les remises en cause. Pour obliger l'adhésion: devant ces milliers de victimes et les membres de leurs familles, que peut-on réellement dire? &lt;/div&gt;&lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Il y a aussi la symbolique des nombres: est-il vraiment nécessaire de redire encore une fois l'ironie planificatrice qui a fait que la date de l'événement ayant marqué un échec relatif des services de secours répète le numéro de téléphone de ces mêmes services aux États-Unis? Doit-on rappeler à quel point les nombres, lorsqu'il est question du 11 septembre, ont joué un rôle important dans la couleur donnée à l'événement? Que maintenant, certains nombres ne peuvent exister seuls, ont besoin d'un sous-titre lorsqu'ils parlent d'autre chose que ce matin-là de ce septembre-là? Maintenant, les nombres sont lourds, chargés de la mémoire des attentats, comme si les événements les avaient détournés aussi sûrement que les avions l'ont été. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Lorsqu'il est question des chiffres et des nombres du 11 septembre, rien ne semble donc véritablement gratuit. Ou peut-être serait-il plus juste de dire que les choix faits par les créateurs ne peuvent être gratuits, le poids des nombres étant tel qu'ils participent à part entière de l'identité de l'événement. La fiction pose la question de la vérité lorsqu'elle négocie avec un événement historique: comment raconter le réel en ayant suffisamment d'espace pour le réinventer? Qu'est-ce qui, des faits, doit être préservé et qu'est-ce qui peut être transformé? Tout, probablement. Ou peut-être pas.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Ian Monk, dans son poème &lt;a href="http://www.brooklynrail.org/2009/09/fiction/twin-towers"&gt;Twin Towers&lt;/a&gt;, fonctionne sur le principe de l'énumération: deux colonnes, rappelant les deux tours, cohabitent sur la page. La colonne de gauche concerne surtout les choses, objets, se trouvant dans la tour. La colonne de droite, elle, se concentre sur les gens, énumérant les différents types de personnes habitant le World Trade Center (homme, femme, père/mère de famille, criminel, employé de soutien, etc.) Il est inévitable, en regardant la présentation physique du poème, de ne pas voir les tours. L'effet serait d'abord encore plus évident dans la version présente dans le livre &lt;i&gt;Writing for the OuLiPo&lt;/i&gt; où la largeur des colonnes serait réduite graduellement, et où vers la fin, le sommet de l'une des tours se courberait. Avec la version trouvée en ligne, je n'ai pu m'empêcher de compter les lignes. Tant la version anglaise que française du poème compte 112 lignes. Ces deux lignes de "trop" me troublent. Que signifient-elles? Le nombre, trop près de la réalité (110 étages) ne peut être gratuit. Le poète a-t-il décidé d'ajouter des étages aux tours? Le nombre est-il accidentel? Est-il vraiment possible, en reproduisant la forme des deux tours, d'accidentellement ajouter des étages? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:georgia;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-size:medium;"&gt;Je ne sais pas. Je suis intriguée par le poème, que je trouve par ailleurs intéressant. Mais les nombres du 11 septembre me hantent, je les connais trop pour ne pas croire à une intentionnalité derrière cette "erreur". Le poète a-t-il utilisé une information erronée? Cherche-t-il derrière ces deux étages à envoyer un message? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-1892054157308955206?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/1892054157308955206/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=1892054157308955206&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1892054157308955206'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1892054157308955206'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/03/le-sens-des-nombres.html' title='Le sens des nombres'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2157027905975062263</id><published>2010-03-26T09:10:00.000-04:00</published><updated>2010-03-26T09:11:01.012-04:00</updated><title type='text'>La contamination</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;À réfléchir autant, à passer tant de temps à imaginer le matin du 11 septembre, peut-être est-il inévitable que chaque aéroport que je visite, chaque avion dans lequel je me retrouve, soit teinté par les événements de 2001. Ce matin, j’attends un vol pour Toronto. Alors que je cherche frénétiquement à terminer la conférence que je donnerai dans quelques heures, une femme arrive pour s’asseoir près de la fenêtre, comme moi. Elle a trois enfants : une petite fille dans une poussette, deux garçons de moins de 4 ans qui s’installent sur le rebord de la fenêtre. La femme est une pro des aéroports : en moins de deux, elle ouvre la valise des enfants, et étale au sol quelques jouets : deux livres, un ourson Elmo rouge, un Nintendo, une couverture, etc. Les enfants sont chez eux dans cet espace d’attente, près de la porte 47 de l’aéroport Dorval. Dans quelques minutes, nous entrerons tous dans l’avion, un Boeing 747 qui nous conduira à Toronto.&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Je les regarde, cette famille tranquille, ces enfants bien élevés, et je les imagine dans l’avion, au-dessus du Canada. Se superpose une autre image : les mêmes enfants, la même mère, et moi, quelque part le long de l’Hudson River, nous préparant à mourir quelque part dans le World Trade Center. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Ce n’est pas que le vol me rende anxieuse. Au contraire, avec le temps, je deviens de plus en plus calme et confiante en avion. Je me suis surprise ce matin à faire ma valise en moins de deux, et j’ai passé les contrôles de sécurité avec une efficacité qui n’a rien à envier à celle de George Clooney dans &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;Up in the Air&lt;/i&gt;. Ce n’est donc pas la peur que &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;cela&lt;/i&gt; se produise à nouveau. C’est, plutôt, comme si je nous voyais, nous préparant pour un vol ordinaire, tout comme ceux qui sont partis de Boston, un matin de septembre. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Depuis quelque temps, il m’arrive de rêver au prochain livre, de concevoir dans mon sommeil son sujet. Je me réveille, et j’ai tout oublié. Ne reste que le livre en cours, ce recueil peuplé de personnages dont certains, comme moi ce matin, attendent leur vol, dans l’anonymat d’un hall d’aérogare. La contamination, elle est là : il ne peut être question de tour sans que ce soient celles du World Trade Center. Il ne peut pour l’instant être question d’avion sans que ce que j’y voie me permette de continuer à imaginer les passagers des quatre vols du 11 septembre. Peut-être est-ce parce que le projet m’occupe encore toute entière. Peut-être est-ce parce que ma réinvention du 11 septembre n’est pas encore terminée. &lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal"&gt;Comme pour les camions qui ne peuvent plus, après la mort de mon frère et mon propre accident, être innocents, peut-être est-ce aussi, finalement, que le 11 septembre est venu confirmer ce que je savais déjà : une fois à bord de l’avion, installés plus ou moins confortablement dans ces sièges, il nous faut consentir, nous abandonner, et savoir que peu importe ce qu’il arrivera, nous n’y pourrons rien. &lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2157027905975062263?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2157027905975062263/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2157027905975062263&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2157027905975062263'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2157027905975062263'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/03/la-contamination.html' title='La contamination'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3413219214239401106</id><published>2010-03-05T20:14:00.005-05:00</published><updated>2010-03-05T20:44:46.065-05:00</updated><title type='text'>Le temps des stratégies</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je réfléchis beaucoup aux nouvelles ces jours-ci. On dira que c'est une autre façon de ne pas écrire. Peut-être. Sauf que je me pose des questions. Depuis le début, j'ai pris le parti de suivre mes personnages au cœur du 11 septembre, le plus près possible. Autrement dit, je ne leur donne pas une perspective d'ensemble sur l'événement. Ne m'intéressent ni la guerre, ni même la reconstruction, du moins pour les nouvelles. L'idée était de m'en tenir aux personnages, à ce qu'ils voyaient, vivaient, rencontraient, pour éviter quelques écueils que je repérais chez les autres: l'héroïsation des personnages, pour commencer, parce qu'il me semblait que ce serait désincarner chacune des victimes ou des survivants. Dans une conférence, la semaine dernière, j'ai repéré trois procédés: l'héroïsation, toujours, parce que soyons honnête, c'est la stratégie la plus fréquente tant chez les critiques que chez les auteurs; la tendance à appuyer très fort sur l'incommensurabilité de l'événement, comme s'il était impossible à raconter, à inventer; et  la dernière stratégie, qui va avec les deux autres, et qui consiste à innocenter l'état, le pays, l'armée, les victimes. Je disais que cela allait avec la fixation des critiques et journalistes sur le ciel bleu: comme si lorsqu'il fait si beau, il était impossible que quelque chose se produise. "Out of the blue", totalement imprévisible. Trois stratégies, donc, qui travaillent l'événement, lui donnent une forme, une teinte. Et qui déterminent le regard que l'on porte, le jugement: les victimes deviennent des martyres, en gros.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai choisi avec les nouvelles, donc, de me tenir au plus près de mes personnages, pour éviter d'en faire des héros. Je voulais à travers eux explorer l'événement dans son intensité, avant qu'il ne prenne véritablement forme, avant que sa forme, son sens, ait été déterminé, cristallisé par les discours. Cela me semblait, et me semble toujours, une bonne idée. Surtout à travers la forme nouvelle: mes textes, très brefs, suivent un, deux personnages, dans un moment très précis, comme des fragments de perception du moment qu'ils vivent. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est une question d'échelle, disait B.G. après ma conférence: le roman, la fiction, devant un événement d'une telle ampleur, ne peut faire autrement que de le reconstruire par des personnages, par leur point de vue. Autrement dit, pourrais-je ajouter, il s'agit de voir l'événement à portée humaine, et non d'en haut. Être au bas des tours, tout près, et non au-dessus, dans un hélicoptère qui ne pourrait que constater parce qu'il serait trop loin pour véritablement éprouver.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quel est le problème alors? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Complexe. Je le répète, c'est peut-être une ruse, une manière de procrastiner alors que je sens la fin du projet (oui, j'achève, si je suis honnête, je ne peux que le constater: la chose avance, sûrement, prend forme. Il reste du boulot à faire, mais je ne crois pas pouvoir ajouter un autre personnage, une autre voix, à cette fresque). Je connais bien mes ruses pour ne pas écrire, pour torpiller l'écriture. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La question, par contre, est celle-ci: vais-je contre le temps? Le recueil devrait être publié à l'automne 2011. 10 ans après les attentats, mon point de vue, en se tenant au plus près du "trauma" (je me méfie de ce mot, il oriente déjà trop la lecture, il interprète) que vivent mes personnages, ne va-t-il pas à contre-courant? Ne devrais-je pas proposer autre chose que ce moment précis de leur histoire, ce moment de l'événement? Ne suis-je pas, moi-même, en train de forcer l'événement, le trauma, à se cristalliser, comme s'il n'y avait pas de vie, de futur après le 11 septembre? &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'aime beaucoup comment Siri Hustvedt traite l'événement dans &lt;i&gt;Sorrows of an American&lt;/i&gt;: il est là, dans l'horizon du livre, mais n'est pas au centre, parce qu'autour, la vie a continué, et d'autres drames sont venus s'ajouter à celui-là. Les personnages, de temps à autre, tournent leur regard vers l'absence des tours, puis reprennent leur marche.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce n'est pas ce que je fais. Mes personnages sont, et demeurent, le 11 septembre 2001. Même ceux qui racontent l'après sont encore là. Ne pas proposer de vision d'ensemble est-il une manière de perpétuer, à jamais, le choc de l'événement? En voulant éviter l'héroïsation, suis-je allée me jeter dans la gueule du loup de l'incommensurabilité?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3413219214239401106?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3413219214239401106/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3413219214239401106&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3413219214239401106'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3413219214239401106'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/03/le-temps-des-strategies.html' title='Le temps des stratégies'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-4318360923725926160</id><published>2010-02-20T23:56:00.003-05:00</published><updated>2010-03-17T14:28:58.492-04:00</updated><title type='text'>Enseigner le 11 septembre</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le "Social Studies School Service" a créé le "September 11th Education Program": un cartable, contenant deux dvd et du matériel didactique reproductible. L'objectif? bien évidemment, offrir aux enseignants du secondaire (grades 6-12) le matériel vidéo, photographique et écrit leur permettant de présenter le 11 septembre à leurs étudiants. L'idée n'est pas en elle-même mauvaise: bien sûr, il faut enseigner le 11 septembre à des enfants qui, pour la plupart, n'étaient pas en âge de le comprendre lorsqu'il a eu lieu. Bien sûr, il faut organiser l'information, proposer un point de vue sur l'événement, et au mieux proposer différents points de vue sur les enjeux liés à l'événement.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les dvd comprennent différents éléments: un vidéo commémoratif des grands événements de la journée, avec extraits d'entrevues de survivants, de familles des victimes, et de figures politiques (aurait-on vraiment pu faire l'économie de Guiliani?); et 70 entrevues mettant en scène les mêmes survivants, membres des familles, figures politiques, journalistes, etc., autour à la fois de la reconstitution d'une ligne du temps de la journée du 11 septembre et de différents thèmes reliés à l'événement, comme sa commémoration, la sécurité nationale, etc.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Il est évident que l'histoire enseignée aux enfants ne peut faire autrement qu'être biaisée. Ou enfin, il apparaît évident qu'elle ne peut faire l'économie du point de vue, celui du vainqueur dans le cas des conflits, ici celui de la victime. Dès le premier vidéo, le point de vue est clair: il sera question tout au long des extraits de l'événement à l'échelle des personnes, et non de l'état ou des raisons derrière les attentats. Bien sûr, dirai-je encore une fois, un acte d'une telle ampleur ne peut être justifié d'aucune façon, ce serait en minimiser l'impact. Certes. Mais de la même façon qu'il serait à mon sens erroné de parler ici de la montée du nazisme en Europe sans mentionner qu'au même moment, le Québec connaissait lui aussi sa propre radicalisation, histoire de montrer aux enfants que nous ne sommes pas à l'abri de l'extrémisme, ne serait-il pas possible de présenter l'événement dans son ensemble, en expliquant qui étaient les terroristes? Or, à aucun moment dans les multiples segments est-il question des revendications des groupes terroristes. Les individus ayant perpétrés les actes sont mentionnés, certes, mais en passant, et d'une manière qui, encore une fois, personnalise la discussion: ce n'est pas le groupe qui est désigné, ce serait lui donner une existence, une légitimité. Non, ce sont les "bad guys", les méchants.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;S'il est possible de repérer, même sans avoir consulté les fiches écrites, certains des objets étudiés, par exemple les pour et contre des différents groupes s'opposant lorsqu'il est question du mémorial, l'absence complète d'un point de vue global sur l'événement, d'un point de vue dépassant dans les faits les 102 minutes de son déroulement, a de quoi étonner. Évacués de ce programme les événements précédant les attentats, sauf pour une ou deux mentions de l'attentat de 1993. Nul mot de ce qui a suivi les attentats non plus, en dehors de ce qui concerne directement les sites (déblayage, identification des restes, reconstruction, mémoriaux). &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En fait, cela étonne, mais pas tant que ça. Au fond, même si dès les premiers instants, apparaissaient sur les écrans de télévision et les journaux imprimés les références à la guerre, la couverture du 11 septembre a été aveuglée d'entrée de jeu par la notion de victimes. Voire de martyres. Et le plus souvent de héros. Les "portraits of grief" du Times, en dirigeant l'attention, à chaque fois, sur une anecdote pour décrire la victime, avaient entrepris cette personnalisation de l'événement. Et cette personnalisation a pour effet de créer une surcharge émotionnelle comme Susan Sontag allant chercher tous les matins sa "dose" du 11 septembre en lisant les portraits et en versant quelques larmes. Que fait la surcharge? Elle a pour objectif de rendre visible, de donner un visage aux milliers de morts. C'est un objectif noble, auquel il est difficile de s'opposer, car la violence de la destruction du 11 septembre, cette violence qui a "pulvérisé" et annihilé ces corps et ces immeubles, a eu un effet justement dépersonnalisant. Mais la surcharge a un effet pervers: sous prétexte de rendre visible la victime, elle voile l'événement, de sorte qu'au lieu de voir à la fois la victime et l'acte, l'acte et son contexte, le contexte et ses causes, on ne voit plus que le visage d'un homme, d'une femme. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Ce que dit sans le dire le document pédagogique, c'est que rien ni personne n'aurait pu prévenir le 11 septembre, et le 11 septembre ne se compare à aucun événement dans l'histoire (disons des États-Unis, même si les discours vont au-delà des limites nationales). Derrière cette surcharge émotionnelle se cache ainsi un autre mécanisme du 11 septembre: marteler l'innocence de la victime permet la constitution du discours d'exception, de l'incommensurabilité de l'événement. Et c'est ne considérer de l'événement que sa part humaine, l'extraire de son contexte socio-historico-politique. Ce qui me semble plutôt dangereux.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Et cela, Jay Winuk, dans son commentaire au sujet de la création du 9/11 National Day of Service le dit très bien: fusionner la mémoire du 11 septembre avec l'héroïsme, c'est faire en sorte qu'on se souvienne du fait que les Américains sont bons. The good guys, par opposition bien sûr aux bad guys. Il s'agit-là, finalement, d'une manière de contrôler la mémoire de l'événement. Et le tout se fait dans la plus grande "innocence": "Harness the memories of 9/11 to help others in need, through charitable acts and public services", propose le documentaire, à sa toute fin. "Harness". Soyons positifs. Optimistes. Et espérons que le "harness", ici, fait davantage référence au principe de contrôle, de diffusion unifiée de l'événement, et non à l'exploitation pure et simple du souvenir. Mais lequel est le pire?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-4318360923725926160?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/4318360923725926160/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=4318360923725926160&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4318360923725926160'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4318360923725926160'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/02/enseigner-le-11-septembre.html' title='Enseigner le 11 septembre'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-4055570540887361304</id><published>2010-01-17T12:42:00.005-05:00</published><updated>2010-01-17T13:39:27.445-05:00</updated><title type='text'>Le spectacle des corps</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Quand, le 12 septembre 2001, &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;a href="http://www.egodesign.ca/fr/article.php?article_id=237&amp;amp;page=3"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Todd Maisel&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt; fait publier en première page la photographie d'une main coupée, l'éditeur du &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Daily News&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;, Ed Kosner se retrouve au centre d'une controverse: on ne montre pas les corps, et encore moins les parties de corps, clament plusieurs. Les images des corps tombant ou sautant des tours heurtent déjà la sensibilité de lecteurs de journaux par ailleurs profondément troublés par les attentats. Déjà, parce que c'est déjà trop. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Les images du 11 septembre, qu'elles soient télévisuelles ou photographiques, ont été largement censurées par les décisions institutionnelles des éditeurs de contenu mais aussi, de biais, par un commentaire politique: devant l'ennemi, il ne faut pas montrer les corps. Les corps démembrés, morts, sont une marque de faiblesse, une faiblesse inavouable lorsque vient le temps de combattre un ennemi invisible et protéi-forme. Peut-être. Peut-être, aussi, n'y avait-il pas grand chose à montrer, comme l'a dit Mary Ann Golon du Time (citée par David Friend): "&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms';"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;They thought, there had to be arms and legs and hands. But there weren’t. The FDNY photographer who worked with the forensics crews said the destruction was so complete there were times when you would not even see a whole telephone or a whole keypad. It had turned to dust." &lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Très peu d'images des corps, qu'ils soient "intacts", entiers, ou démembrés ont donc circulé depuis les attentats du 11 septembre. On soupçonne pourtant que plusieurs photographies ont été prises, non seulement le jour même mais également dans les semaines et les mois qui ont suivi, pendant la recherche des restes humains à Ground Zero. Peut-être ces images pour l'instant conservées autant par des photographes que par des "civils" et des pompiers, policiers et secouristes, referont-elles surface lorsque suffisamment de temps aura passé.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Je discutais, il y a quelques jours, avec D.B. Toutes les deux profondément troublées par la désolation en Haïti suite au tremblement de terre du 12 janvier, nous nous sommes mises à parler &lt;/span&gt;&lt;a href="http://photos.cyberpresse.ca/34-7568/#enVedette/0/recherche/Rechercher%20un%20album/0/onglets/34/0/album/7568/189354/"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;des images provenant d'Haïti&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;: les survivants en état de choc, les blessés attendant des soins qui, peut-être n'arriveront pas à temps. Et les autres, ceux qui gisent dans les rues, le corps parfois à peine camouflé par un drap. Le plus souvent, une main, un pied, déformés par des fractures, dépassent. Pourquoi ces corps, demandait D., sont-ils montrés de la sorte, presque cavalièrement, alors que les corps du 11 septembre ont été cachés? Le fait que le séisme (tout comme l'ouragan Katrina) soit un désastre naturel joue-t-il dans la représentation que l'on en donne? Après tout, suggérait-elle, dans le cas du 11 septembre, un acte de guerre venait d'être commis, montrer les victimes aurait été une admission de vulnérabilité devant l'ennemi. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Peut-être. Sauf que. Sauf que les images de victimes de conflits armés circulent allègrement le reste du temps. Et que ces mêmes États-Unis, si opposés à la diffusion d'images des victimes du 11 septembre, n'en montrent pas moins des images venant d'Irak ou d'Afghanistan, de Palestine ou d'ailleurs. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Qu'est-ce qui fait que certaines victimes doivent être cachées, alors que d'autres sont montrées? Les journaux, les reportages télévisés envahis par les corps qui jonchent les rues de Port-au-Prince, pourraient-ils se détourner de ces images qui ne peuvent faire autrement que de heurter la diaspora haïtienne à travers le monde qui cherche dans les images ses ressortissants pour savoir enfin qui a survécu? Montrer les images, dans le cas d'Haïti, de la Nouvelle-Orléans, est-il une manière de provoquer suffisamment la compassion pour s'assurer que la communauté internationale agira? &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Et il y a l'autre raison, celle qui est difficile à aborder: le 11 septembre, les victimes, en tant que collectivité, provenaient d'une Amérique sinon aisée, du moins favorisée. Ce n'était pas le cas en Nouvelle-Orléans: les victimes des inondations qui ont suivi Katrina étaient, pour la plupart, pauvres. Et noires. Palestine, Irak, Afghanistan, et maintenant Haïti: les victimes sont, pour plusieurs, l'Autre. Et peut-être est-il plus facile de montrer l'Autre dans toute sa vulnérabilité, sa faiblesse. Peut-être le montrer n'engage-t-il à rien. Sauf à une compassion un peu fausse, un peu décalée, qui n'est peut-être qu'une autre manière de perpétuer une distance, un contrôle, un jugement sur des populations moins favorisées que d'autres, moins gâtées par la vie, moins protégées des périls, simplement par un hasard de la naissance.&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;À cette réflexion, encore embryonnaire, encore troublée par la force des images, l'impuissance à aider, je ne peux répondre que ceci: montrer ou non les corps répond d'une stratégie. Cette stratégie, qu'elle soit humanitaire ou politique, n'en demeure pas moins une manière de contrôler tant l'information que la réaction de celui ou celle qui regarde les images. Et même si son objectif, comme cela semble le cas en ce moment, est juste, encourager les dons et l'aide humanitaire, encourager une réponse mondiale, cela ne change pas le fait que la manière de le faire, elle, semble injuste. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: medium;"&gt;Ou, plus justement, irrespectueuse. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'trebuchet ms', serif;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-4055570540887361304?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/4055570540887361304/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=4055570540887361304&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4055570540887361304'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4055570540887361304'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2010/01/le-spectacle-des-corps.html' title='Le spectacle des corps'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3316220923186927622</id><published>2009-11-24T20:20:00.007-05:00</published><updated>2009-11-25T16:35:00.658-05:00</updated><title type='text'>L'ironie n'est pas morte</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/Sw2fOfzVOqI/AAAAAAAAAEg/FOUFmoszNlQ/s1600/DSC_9229-1.jpg"&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Parce que j'avançais dans les nouvelles et voulais vérifier quelques petites choses (la trajectoire de la fuite, les noms de rues, le quartier), je suis retournée passer quelques jours à New York. Bien sûr, toutes les raisons sont bonnes pour me réfugier dans cette ville où je me sens, depuis le premier jour, chez moi. Mais il est tout aussi vrai que les nouvelles vont bien: les morceaux se mettent en place, et s'il reste du boulot à faire, des personnages à développer, des nouvelles à compléter, le projet est de plus en plus visible.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/Sw2eH2AtvII/AAAAAAAAAEY/RxVvYo4OE90/s1600/DSC_9052-1.jpg"&gt;&lt;img src="http://4.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/Sw2eH2AtvII/AAAAAAAAAEY/RxVvYo4OE90/s320/DSC_9052-1.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5408152585136618626" style="display: block; margin-top: 0px; margin-right: auto; margin-bottom: 10px; margin-left: auto; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 214px; " /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Un autre projet prend forme, ou plutôt, sort de terre. Voilà maintenant que l'on peut voir l'empreinte des tours disparues, alors qu'avance la construction du mémorial et ce, même s'il est plus difficile de repérer le musée dans les multiples formes géométriques présentes sur le site. Le mémorial prendra la forme de deux bassins carrés, correspondant à l'empreinte des tours, encerclés par des arbres et des bancs. Une partie du musée se trouvera sous terre, tandis que l'autre, au-dessus du sol, viendra compléter l'aménagement du site. La tour 1, Freedom Tower pour les intimes, sort tranquillement de terre. Je la soupçonne d'en être quelque part autour du 4e ou du 5e étage. Les officiels tentent de la rebaptiser d'une manière un peu moins... symbolique, afin d'éviter le "malaise" chez ses futurs locataires. Plusieurs New-Yorkais résistent à ce changement de nom, et après tout, pourquoi: il s'agit bel et bien d'une tour à l'origine baptisée Freedom Tower, appelée de la sorte pendant des années, et dont la hauteur, extrêmement symbolique, sera de 1776 pieds (l'année de l'Indépendance). Le revirement a de quoi étonner. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le travail, tout autour du site, avance aussi. Les ouvriers sont encore à déconstruire l'immeuble de la Banker's Trust, lentement, étage après étage. En fait, on pourrait presque penser que les deux, la construction de Tower 1 et la déconstruction du Banker's Trust, seront achevés en même temps, tant ils prennent du temps à se faire. Depuis mon dernier séjour, en juillet, il m'a semblé que cette fameuse Banque n'avait perdu que quelques étages, alors que les progrès de la tour, eux, étaient autrement plus visibles. Mais après tout, il a fallu tant de temps avant de commencer à déconstruire cet immeuble (2 ans seulement pour commencer la décontamination, si je ne me trompe pas) que la lenteur ne peut peut-être pas faire autrement que de continuer à la déterminer.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mes deux premiers voyages à New York, je m'étais interrogée sur le temps qui passe: entre la ville en elle-même et son Ground Zero, grand espace toujours vide, il me semblait y avoir un écart. Et puis, cette fois-ci, j'ai aperçu quelque chose qui me dit que, peut-être, le temps a effectivement changé quelque chose. Et ce n'est pas à cause de l'avancement des travaux. Non, ce que j'ai vu à New York cette fois-ci passe pratiquement inaperçu, mais c'est précisément cela, ce caractère anodin, qui montre l'évolution. Rappelez-vous: des films ont été modifiés, voire carrément largués, parce que leur thème était trop près des événements. Les génériques des émissions de télévision ont été "nettoyés", les tours retirées des images (Friends, Sex and the City). Certains mots, certains thèmes ont été longtemps bannis, le politiquement correct jouant du coude avec le respect pour les familles des victimes et pour les survivants. Il y a encore à New York et aux États-Unis certaines zones d'ombres lorsqu'il est question des attentats, et la délicatesse ou la prudence semblent encore plus de mises à New York où certaines de mes questions, malgré leur prudence, ont été reçues avec un malaise évident.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Pourtant, alors que j'observais depuis le Winter Garden le travail des grues sur le site du World Trade Center, mon regard a été attiré par une banderole, en apparence complètement banale. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;img src="http://2.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/Sw2fOfzVOqI/AAAAAAAAAEg/FOUFmoszNlQ/s400/DSC_9229-1.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5408153798945618594" style="float: left; margin-top: 0px; margin-right: 10px; margin-bottom: 10px; margin-left: 0px; cursor: pointer; width: 400px; height: 253px; " /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#0000EE;"&gt;"'Fall' into Fashion", dit le slogan du grand magasin d'aubaines Century 21. Le jeu de mot avec la saison est tout aussi évident qu'il était facile. Le message est limpide, après tout. Sauf que. Sauf que comment ne pas penser aux "falling men", ces hommes et ces femmes qui sont tombés des tours le matin du 11 septembre? Après tout, la proximité du magasin avec le site ne peut être ignorée, puisque pour voir cette banderole, il faut être de l'autre côté de Ground Zero. Autrement dit, on ne peut voir la banderole sans voir du même coup l'espace laissé vide par la disparition du complexe du World Trade Center. &lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#0000EE;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#0000EE;"&gt;Que dit cette proximité? Elle dit, simplement, que le temps a passé. Que si, pendant longtemps, il a été impossible pour plusieurs Américains d'envisager le sort de ces êtres humains tombant des tours (sautaient-ils volontairement? ont-ils été poussés? était-ce un choix ou une nécessité qui les faisait se jeter dans le vide?), la sensibilité sémantique s'effrite, s'érode. Les mots reprennent un peu de leur sens, cessent de désigner l'espace béant. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#0000EE;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="color:#0000EE;"&gt;Plus que la mise en forme graduelle du site, la progression de la construction de la Tour 1, c'est cela, cette banderole commerciale toute simple, qui me dit que, 8 ans plus tard, New York apprivoise l'événement. &lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3316220923186927622?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3316220923186927622/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3316220923186927622&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3316220923186927622'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3316220923186927622'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/11/lironie-nest-pas-morte.html' title='L&apos;ironie n&apos;est pas morte'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/Sw2eH2AtvII/AAAAAAAAAEY/RxVvYo4OE90/s72-c/DSC_9052-1.jpg' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-5968919361340116129</id><published>2009-09-23T16:03:00.004-04:00</published><updated>2009-09-30T14:20:53.551-04:00</updated><title type='text'>Le rapport au réel dans la création contemporaine</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;En attendant de trouver les réponses à mes questions et de refaire le chemin jusqu'à mes personnages, je lance ce colloque:&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="  ;font-family:Times;font-size:medium;"&gt;&lt;div style="border-top-width: 0px; border-right-width: 0px; border-bottom-width: 0px; border-left-width: 0px; border-style: initial; border-color: initial; background-color: rgb(255, 255, 255); color: rgb(48, 47, 46); font-family: 'Trebuchet MS', Arial, Helvetica, sans-serif; font-size: 0.8em; "&gt;&lt;h1  style="color: rgb(94, 103, 113);  margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; text-transform: uppercase; font-size:19px;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;&lt;h1 style="color: rgb(94, 103, 113); font-size: 19px; margin-top: 10px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; text-transform: uppercase; "&gt;&lt;span style="font-size:14pt;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;LE RAPPORT AU RÉEL DANS LA CRÉATION CONTEMPORAINE&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/h1&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; text-align: justify; "&gt;&lt;i&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;L’adversaire&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; de Emmanuel Carrère a exploré en 2002 la figure du meurtrier ordinaire par le personnage de Jean-Claude Roman. Amélie Nothomb se met en scène depuis plusieurs années dans ses différents romans&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;  &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;(qu’on pense à &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Stupeurs et tremblements&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;, par exemple) et accentue cette mise en scène en plaçant systématiquement une photographie d'elle-même en page couverture. L’œuvre de Sophie Calle est, quant à elle, traversée par un brouillage constant des frontières entre le réel et la fiction, l’intime et le public. Nelly Arcand, Marie-Sissi Labrèche et Mélanie Gélinas ont chacune, à travers des personnages délibérément inspirés de leurs propres expériences, joué sur les frontières de l’autofiction. Si ce phénomène n’est pas nouveau, ce qui intrigue, toutefois, c’est la véhémence avec laquelle le rapport au réel dans les différentes œuvres est questionné. Depuis quelques années, la distinction entre les œuvres de fiction et les œuvres de &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;non-fiction&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;(pour reprendre le terme anglais) se révèle fragile. Une série de scandales impliquant de supposées autobiographies a ainsi secoué le monde littéraire (et médiatique) américain. &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;A Million Little Pieces&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; (James Frey, 2003), &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Love and Consequences&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; (Margaret Seltzer, 2008), &lt;/span&gt;&lt;i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;The Angel at the Fence&lt;/span&gt;&lt;/i&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; (jamais publié) : chacune de ces autobiographies a été réfutée lorsqu’il fut découvert que les faits y avaient été soit « enjolivés », soit carrément inventés, et leurs auteurs ont été désavoués, pour ne pas dire conspués sur la place publique par des intervenants (pensons à Oprah Winfrey) insultés d’avoir cru en eux. Mais la question se pose : pourquoi, dans un premier temps, revendiquer pour une œuvre de fiction l’authentification de la réalité qui accompagne le terme « autobiographie »? Et pourquoi, dans un second temps, l’aveu d’une fictionnalisation d’événements choque-t-il tant?&lt;/span&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; text-align: justify; "&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Du dévoilement à l’expression, de l’exploitation à la reconstruction, l’écriture contemporaine semble ainsi se jouer des démarcations entre la fiction et la réalité, comme si elle était habitée par une nécessité de redéfinir son rapport au réel et, par le fait même, à la fiction. Est-ce à cause de l’envahissement médiatique qui rend de plus en plus difficile (pour ne pas dire impossible) de faire abstraction du spectacle du réel tel que présenté par les bulletins d’informations tant sur le web que sur les télévisions du monde? Le rapport à la création se retrouve-t-il parasité par les événements lorsque le réel, comme lors des attentats du 11 septembre, semble surpasser la fiction, et que la fiction cherche, de son côté, à prendre en charge le réel? Ou alors éprouvons-nous simplement le besoin, après les explorations formelles du vingtième siècle, de réinscrire le travail de création dans notre monde?&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; text-align: justify; "&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Ce colloque, souhaitant réunir autant des écrivains que des chercheurs en littérature, aura pour objectif de questionner l’inscription du réel dans la fiction contemporaine. Pourquoi le réel exerce-t-il une si grande attraction sur les auteurs actuels? Quel espace reste-t-il pour la fiction lorsque l’écrivain utilise un événement vécu, qu’il soit personnel ou historique, comme base ou trame de son œuvre? Comment les notions de fiction, de narration, de personnages et d’auteurs s’en retrouvent-elles modifiées? En confrontant les travaux des praticiens et des théoriciens, ce colloque tentera non pas de parvenir à une réponse définitive sur les modalités de l’inscription du réel mais plutôt d’arriver à un état de la fiction telle qu’elle se pratique en ce moment, avec tout ce que cet état a d’éphémère.&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Les propositions de communication (250-300 mots) devront être soumises à l’adresse &lt;/span&gt;&lt;a href="mailto:dulong.annie@uqam.ca" style="color: rgb(66, 65, 63); text-decoration: none; border-bottom-width: 1px; border-bottom-style: dotted; border-bottom-color: rgb(66, 65, 63); "&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;dulong.annie@uqam.ca&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; avant le &lt;/span&gt;&lt;b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;23 octobre 2009&lt;/span&gt;&lt;/b&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;. Veuillez indiquer vos coordonnées (nom, courriel, université d’attache, statut) sur votre proposition. Le colloque sera par la suite proposé aux organisateurs du colloque annuel de l’ACFAS, colloque qui aura lieu du 10 au 14 mai 2010 à l’Université de Montréal.&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;o:p&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt; &lt;/span&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Comité organisateur :&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Denise Brassard&lt;/span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-top: 5px; margin-right: 0px; margin-bottom: 5px; margin-left: 0px; padding-top: 0px; padding-right: 0px; padding-bottom: 0px; padding-left: 0px; "&gt;&lt;span&gt;&lt;span class="Apple-style-span"  style="font-family:'times new roman';"&gt;Annie Dulong&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-5968919361340116129?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/5968919361340116129/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=5968919361340116129&amp;isPopup=true' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5968919361340116129'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5968919361340116129'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/09/le-rapport-au-reel-dans-la-creation.html' title='Le rapport au réel dans la création contemporaine'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8478547158943959055</id><published>2009-09-18T23:14:00.002-04:00</published><updated>2009-09-18T23:35:10.871-04:00</updated><title type='text'>Derrière les fenêtres</title><content type='html'>Est-ce un aveu, un acte de contrition, une boutade? Je me suis égarée. À trop vouloir préserver mes personnages de l'événement, j'ai oublié de l'écrire. J'ai accroché mes personnages au mur, dans l'espoir d'y voir plus clair. Ce n'est pas une mauvaise idée. Mais j'ai de plus en plus l'impression que ce qu'il me faudrait, c'est une tour, dans laquelle je mettrai mes personnages. Des fenêtres derrière lesquelles je pourrai tracer mes histoires, comme dans le &lt;a href="http://victoriawelby.ca/mhh/"&gt;Montreal Hypertext Hotel&lt;/a&gt;. &lt;div&gt;Reste que, malgré toutes les variantes possibles, mes personnages sont limités: ils sont soit au-dessus du point d'impact, soit en dessous. Soit dans la tour nord, soit dans la tour sud. Ils hésitent ou ils foncent. Ils peuvent s'en sortir, ou alors sont condamnés d'avance. Voilà pourquoi je me suis mise à tourner autour: m'en tenir à cette journée, à ces 102 minutes, m'a semblé soudainement trop difficile. Mais j'y reviens. Parce que c'est ainsi que je veux les écrire, eux, qui m'accompagnent depuis plusieurs mois. Peter, Éva, Bob, Maureen, Tilda, Donald. Au présent. Leur présent.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8478547158943959055?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8478547158943959055/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8478547158943959055&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8478547158943959055'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8478547158943959055'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/09/derriere-les-fenetres.html' title='Derrière les fenêtres'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-5464140689351439678</id><published>2009-07-10T23:37:00.002-04:00</published><updated>2009-07-10T23:46:43.516-04:00</updated><title type='text'>La proximité</title><content type='html'>Le point de vue, dès le départ, était le suivant: me tenir au plus près des personnages, et de l'événement avant qu'il ne devienne événement. Autrement dit, je voulais écrire mes histoires en oubliant qu'elles se déroulaient lors du jour devenu historique, pour pouvoir suivre mes personnages dans toute leur confusion, leur errance, et leurs tentatives pour comprendre ce qui leur arrivait. C'était, me semblait-il, une bonne façon d'éviter tous les écueils liés au 11 septembre: héroïsation, représentation manichéenne, gommage des nuances, etc. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;C'était un bon plan de match. Une façon non pas de jouer en terrain sûr, mais plutôt de me maintenir constamment dans le déséquilibre de l'absence de distance. Rester au plus près des quelques minutes entre le premier avion et le dernier effondrement devait me permettre de tracer mon propre 11 septembre, peut-être. Ou plutôt de le dégager de tous ces discours qui finissent par parasiter ce que l'on en sait, tellement ils parlent fort et travaillent à réduire les possibilités de la nuance. Et je tiens à la nuance, surtout devant un tel sujet, parce que sans la nuance, sans des personnages multidimensionnels, je risque de sombrer dans l'hagiographie. Et cela, la littérature du 11 septembre n'en manque pas, il n'est besoin que de penser à ce qui a été fait autour du vol 93 et du "Let's Roll" de Todd Beamer.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors où est le problème? Le problème est que, peut-être par manque de temps pour vraiment me plonger dans les nouvelles, peut-être parce que quelque chose dans leur projet a dérapé, je n'arrive plus à écrire. Ou plutôt, j'écris, mais j'écris autour, avant les avions, comme si je devais de plus en plus me reculer afin de voir quelque chose. Ou alors comme si, j'en ai déjà parlé ici, je résistais de plus en plus à mettre mes personnages dans ce foutoir.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je n'ai pas de réponse, ce soir (en ai-je jamais??), mais je compte beaucoup, peut-être à tort, sur mon prochain séjour à New York pour retrouver mes nouvelles et ce projet dont j'aimerais la fin, ou du moins apercevoir, loin devant, quelque part, le point d'arrivée. Ou alors, perdre l'impression que je l'ai égaré en cours de route...&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-5464140689351439678?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/5464140689351439678/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=5464140689351439678&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5464140689351439678'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5464140689351439678'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/07/la-proximite.html' title='La proximité'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-808281713339620526</id><published>2009-06-09T21:33:00.001-04:00</published><updated>2009-06-09T21:34:49.359-04:00</updated><title type='text'>Le poids de la conscience</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;Voilà que Bob et sa femme me posent le même problème que les autres personnages. Voilà qu’alors que la nouvelle avançait bien, les personnages se plaçant, le paysage se dessinant, je bloque. Lequel des deux placer dans la tour? Ou plutôt, puisque les deux y travaillaient, quelle décision dois-je prendre sur ce qui leur arrive? &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;Je ne sais quoi faire avec mes problèmes de conscience. Avec cette soudaine frilosité qui m’empêche de les écrire, parce que je sais ce qui pourrait leur arriver si je les mets dans les tours. Ai-je trop lu? En sais-je trop sur ce qui c’est passé ce jour de septembre pour pouvoir écrire des histoires innocemment? Ou alors est-ce que j’ai épuisé quelque chose, fait le tour, et que je veux écrire autre chose? &lt;span style="mso-spacerun: yes"&gt; &lt;/span&gt;Je rêve soudainement d’écrire des nouvelles lyriques, où le seul mouvement du vent dans les fleurs (des pâquerettes, des coquelicots, voire des tulipes?) constituera tout ce qui arrive…&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;Mais le problème, c’est que ces personnages ne peuvent faire autrement qu’être New Yorkais. Ils y sont, je les y vois, ce serait tricher que de les situer soudainement à Montréal. Il me semble du moins. Et ce n’est pas seulement que je ne veuille pas les tuer. Je n’ai eu aucun réel problème à tuer Maïa, par exemple. Le problème est ailleurs, ou plus profond. Je ne veux pas leur faire du mal? Étrange rapport à la fiction, comme si ces personnages si fragiles, tenant parfois à quelques pages à peine, certains à quelques lignes, devenaient dans mon esprit aussi vrais que James, mon personnage d’enfant qui habite deux nouvelles d’&lt;i style="mso-bidi-font-style: normal"&gt;Autour d’eux&lt;/i&gt; et que je ne suis toujours pas convaincue, trois ans plus tard, d’avoir fini d’écrire.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;Tout ce que je sais des événements fait en sorte que, maintenant, en choisissant où mes personnages seront, je décide de leur sort. Les zones d’impact, les escaliers inaccessibles, les décisions prises à la va-vite, parce que de toute façon, y avait-il vraiment le temps de peser les gestes quand chacune des tours tentait de survivre à l’impact physique des trous percés dans sa surface, et à la chaleur des incendies? Ce sont des décisions banales, rapides, qui ont déterminé pour plusieurs la différence entre la vie et la mort. Cela, je ne peux faire autrement que de le savoir, et de lui laisser une place dans les nouvelles. Ce serait mentir, trahir le projet, n’est-ce pas, que d’écrire des nouvelles où, miraculeusement, tout le monde survit? Mais, et je reviens à une question déjà posée, qui tuer?&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt;Je ne sais quoi faire avec ces doutes, qui vont jusqu’au refus. Je ne sais s’ils sont le symptôme d’un problème fondamental avec le projet ou si, au contraire, ils en sont la suite logique, ce moment où les choses se mettent en forme, en place. Je ne sais rien, au fond, sinon que Bob et sa femme travaillaient au World Trade Center, chacun dans leurs tours, et que l’un des deux, ou les deux, ne peut faire autrement que d’avoir quelque chose à dire. Et je semble deviner qu’Helen était dans la tour sud, au 78&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; étage. Et que, dès lors, ses chances sont plutôt minces, et ce qui lui arrivera assez difficile. Cela, si je consens à l’écrire.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"&gt;&lt;span lang="FR-CA"&gt;&lt;o:p&gt; &lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-808281713339620526?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/808281713339620526/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=808281713339620526&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/808281713339620526'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/808281713339620526'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/06/le-poids-de-la-conscience.html' title='Le poids de la conscience'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-5025141397492158486</id><published>2009-06-03T10:36:00.005-04:00</published><updated>2009-06-04T14:47:50.970-04:00</updated><title type='text'>Danny</title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/SiaK2OD0csI/AAAAAAAAADc/FOjyH_3KXeg/s1600-h/DSC_6103.JPG"&gt;&lt;img style="margin: 0px 0px 10px 10px; text-align: justify; float: right; cursor: pointer; width: 320px; height: 214px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/SiaK2OD0csI/AAAAAAAAADc/FOjyH_3KXeg/s320/DSC_6103.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5343110672013357762" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Après ma visite du Ground Zero Museum (j'en reparlerai éventuellement), je suis allée, pour la seconde fois, au Tribute Center. Lors de ma première visite, à mon arrivée à New York, je n'avais voulu que voir le musée, les objets, les artéfacts, mais le nombre de personnes qu'on poussait à l'intérieur, comme si ce qui comptait était précisément de remplir le musée, m'avait empêchée de véritablement "profiter" de ma visite: que pouvais-voir, éprouver, si je ne pouvais même pas m'arrêter devant une image, un texte, un objet, parce que de tous côtés, j'étais poussée par quelqu'un? Mais après le Ground Zero Museum, j'ai décidé de retourner au Tribute Center, pour la visite guidée que j'avais pourtant repoussée du revers de la main lors de ma première visite. Peut-être avais-je résisté à l'envie d'entendre les histoires mille fois entendues de survie ou de perte, peut-être avais-je eu peur d'être "contaminée" par les discours héroïsants qui parasitent trop souvent les récits du 11 septembre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le Tribute Center, "musée" temporaire des attentats de 2001 sur le World Trade Center, se définit d'abord et avant tout à partir du principe "Person to Person": chaque visite guidée est donnée par deux personnes ayant été touchées par les attentats. Lors de ma visite, la première guide était une femme, policière lors de l'attentat de 1993, devenue par la suite thérapeute pour la Croix-Rouge. Et à nouveau présente, après la chute des tours, pour aider les secouristes à gérer ce qu'ils voyaient et ressentaient. Cette femme, encore habitée par la colère, avait une violence retenue, qui contrastait avec sa petite stature. Les "bad guys" n'avaient pas eu sa peau, mais elle semblait néanmoins non pas blasée, mais convaincue de la violence du monde. Peut-être, supposait-elle, parce qu'en tant que policière à New York, elle avait vu et revu la violence au quotidien.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;C'est elle qui était en charge de notre visite. Elle nous a guidés autour du site, sur les passerelles piétonnières et à l'intérieur des immeubles (le World Financial Center, le Winter Garden, l'American Express Building) qui entourent ce qui redeviendra le World Trade Center mais n'est pour l'instant qu'un chantier de construction. Elle nous montra des photographies (après nous avoir avertis de leur violence) des attentats, quelques photographies personnelles mais surtout les photos diffusés et rediffusés dans les médias. Et puis, quelque part dans le World Financial Center, ce fut le tour de Danny. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Conducteur de train, Danny se trouvait quelque part sous Brooklyn lorsque son cellulaire sonna. Sa mère, pour l'informer de ce qui se passait au World Trade Center. Le frère de Danny y travaillait. Chez Cantor Fitzgerald. Danny réussit, après avoir laissé son train, à traverser l'Hudson pour revenir sur Manhattan. La tour sud venait de tomber. Il savait, dit-il, que son frère n'avait aucune chance. Il le savait, et pourtant il est resté sur le site. La tour nord est tombée. Toute la journée, Danny a erré sur le site, pour trouver son frère, ou simplement parce qu'il n'arrivait pas à le laisser là. Danny a vu le World Trade Center 7  tombé.  Il l'a vu, et non entendu. Parce que ce gratte-ciel, une soixantaine d'étages, est tombé sans faire de bruits. Silencieusement, dit-il. Comme si après tout cela, son cerveau n'avait pu enregistrer les sons de l'effondrement du dernier gratte-ciel dont la chute était surprenante. Danny nous a raconté comment les pompiers avaient voulu aller éteindre le feu qui consumait le 7, mais qu'ils avaient été retenus, parfois physiquement, par leurs chefs. Il n'y avait pas d'eau, ou pas assez, sur le site pour venir à bout de cet incendie.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Danny n'a jamais repris son travail. Quelques semaines plus tard, il s'est effondré. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne sais pas pourquoi, mais l'histoire de Danny me hante, depuis mon retour. Peut-être parce que, comme Danny, j'ai perdu mon frère. Peut-être parce que nous en avons parlé, sur le chemin du retour vers le Tribute Center, de cette perte si difficile à comprendre, et du stress post-traumatique. Je me souviens que lorsque Danny m'a dit qu'il était désolé, pour mon frère, j'ai répondu : "It happens". J'aurais pu dire merci. J'aurais pu simplement le regarder. Mais j'ai répondu "ça arrive", comme si cette mort était un hasard. Comme si, devant la mort dans un attentat, la mort dans un accident de voiture était moins "grave". Peut-être y a-t-il une hiérarchie des morts, des deuils? Je sentais seulement que je ne pouvais comparer les deux, du moins leurs causes. Mais que la perte, elle, se ressemblait, peu importe le comment.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Depuis mon retour, je pense beaucoup à Danny. À cette conversation intime dans un lieu extrêmement public. Et il me vient l'idée d'écrire son histoire. Danny est un véritable conteur. Il nous a entraînés avec lui. Un sourire apaisé, serein, qui laissait deviner une vulnérabilité, une fragilité qui ne cherchait pas à se cacher, qui ne s'enfermait pas dans des dichotomies (good guys, bad guys). L'histoire de Danny, ce n'était pas l'histoire du 11 septembre. C'était l'histoire d'un homme et de son frère. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Mais je ne peux pas raconter son histoire. Non, ce n'est pas vrai. Je peux raconter son histoire. Mais je ne peux pas la réinventer. Depuis le début de ce projet d'écriture, je me suis tenue loin des personnes réelles. J'ai voulu inventer des personnages dans un contexte historique, aux prises avec un événement, mais j'ai tenu à les maintenir dans la fiction. Les détails peuvent être vrais, mais les personnes ne le sont pas. Sauf que Danny pose le problème autrement. Ai-je le droit de raconter son histoire, de me l'approprier suffisamment, en la transformant, pour que ce personnage de Danny ne soit plus autant le Danny d'un après-midi d'avril, mais un autre Danny? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je savais que cette question reviendrait me hanter. Approcher un événement historique par la fiction, ce ne peut être autrement que de jouer avec le feu, le feu de la vérité et de l'imagination, le feu, aussi, de la confiance qu'un homme comme Danny a eu pour nous/me raconter son histoire. Pour me dévoiler non pas tout, mais cette part de lui fragilisée par la perte de son frère. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je n'ai pas de réponse, encore une fois, pas de guide, sur ce que j'ai le droit de faire. Je sais seulement que ce matin, Danny m'a autorisée à utiliser sa photographie, il m'a autorisée à le faire avec la même générosité qu'il m'a dit "I'm sorry for your loss". J'espère seulement être capable de lui retourner la faveur, même si je ne sais pas encore comment. &lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-5025141397492158486?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/5025141397492158486/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=5025141397492158486&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5025141397492158486'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5025141397492158486'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/06/danny.html' title='Danny'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/SiaK2OD0csI/AAAAAAAAADc/FOjyH_3KXeg/s72-c/DSC_6103.JPG' height='72' width='72'/><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-540575998823083815</id><published>2009-05-15T22:43:00.001-04:00</published><updated>2009-05-15T22:44:47.195-04:00</updated><title type='text'>Les images fantômes</title><content type='html'>&lt;!--StartFragment--&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Cette phrase de Reeves : "L’espace prend la forme de mon regard". &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Depuis mon retour, et cela me semble presque soudain, l’espace new yorkais s’agite devant moi. Soudain, oui, parce que pendant que j’y étais, j’étais absorbée par ce que je voyais, ce que je cherchais. Je voulais trouver les traces des attentats. Je pensais voir, sur les immeubles autour du cratère, cratère qui n’est plus ce qu’il était, qui se tourne maintenant vers la reconstruction, vers l’imagination d’un nouvel espace. Je lis en ce moment &lt;i style="mso-bidi-font-style:normal"&gt;A City in the Sky&lt;/i&gt;, une histoire du World Trade Center, de sa construction, de sa destruction. Et j’imagine que ce qui se passe, depuis la chute des deux tours, c’est un processus de la même nature que lorsque Rockefeller et quelques autres financiers ont entrepris, avec le Port Authority, de construire un World Trade Center. La paix par le commerce, voulait-on. Bien sûr, le World Trade Center n’a jamais rempli le mandat qu’il s’était fixé, tout simplement parce que, dit-on dans cette très intéressante biographie, il n’y avait pas assez d’importateurs et d’exportateurs de biens pour occuper ce grand complexe. Le mandat s’est déplacé, en même temps, peut-être, que nous passions d’une économie de biens à une économie de services. World Trade Center, au fond, ce n’est qu’une autre façon de parler du transfert d’argent d’une main à une autre. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Après la chute des tours, le jour même semble-t-il, le débat pour la reconstruction était lancé. Pourtant, 8 ans plus tard, en dehors de la reconstruction de l’immeuble 7, que s’est-il passé sur le site ? Et ce 7, il est en retrait. Et il n’appartient pas au même mouvement. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Bref. Je m’égare. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Depuis mon retour, donc, je vois New York, je l’entends. Et alors qu’avant, je ne parvenais pas à interpréter les images de destruction sur lesquelles je me penchais pourtant depuis des mois, à aller au-delà d’une compréhension abstraite, voici que maintenant, lorsque je vois le pont piétonnier nord aux vitres soufflées, je le reconnais. Le World Financial Tower. Le Winter Garden. Le Banker’s Trust. Les proportions, je crois, commencent à faire sens. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Peut-être n’est-il donc pas si étonnant que depuis mon retour, je regimbe à retrouver les nouvelles. Comme cette chose, lancée ici, avec des numéros, que je ne me résous pas à continuer. Je la sens bien présente, je devine qu’elle détient quelque chose de la structure du recueil. Mais voilà : elle devra dire quelque chose, placer mes personnages dans cet espace, dans ce temps, dans cette destruction. Et je ne suis pas prête. Pas encore. Je veux les laisser absorber la fraicheur de la pierre dans leurs dos, lorsqu’ils s’enlacent avant le travail. Observer la statue de la liberté, écouter les bruits du ressac dans Battery Park. &lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align:justify;mso-pagination:none;mso-layout-grid-align: none;text-autospace:none"&gt;&lt;span lang="FR" style="mso-bidi-font-size:17.0pt; font-family:Times;color:black;mso-ansi-language:FR"&gt;Juste un peu. &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;  &lt;!--EndFragment--&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-540575998823083815?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/540575998823083815/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=540575998823083815&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/540575998823083815'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/540575998823083815'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/05/les-images-fantomes.html' title='Les images fantômes'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2959647576466589761</id><published>2009-04-04T20:35:00.002-04:00</published><updated>2009-04-04T20:42:21.531-04:00</updated><title type='text'>New York imaginaire (29 mars)</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: 'trebuchet ms'; font-size: 16px; "&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Times; color: black; "&gt;Lorsque je ferme les yeux et tente de voir New York, je suis quelque part sur Madison, et j’ai devant moi les immeubles de pierres brunes. La rue est tranquille, quelques piétons çà et là, mais on entend l’agitation de la ville, pas si loin. Une sirène se fait entendre, mais personne ne lève vraiment la tête pour savoir d’où elle vient. Elle fait partie du paysage.&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Times; color: black; "&gt;Lorsque je ferme les yeux et m’imagine New York, je vois le nuage de poussière envahir les rues, et les visages blanchis s’arrêter, à bout de souffle. J’entends le silence qui recouvre le bas Manhattan, et il me semble que plus jamais nous n’entendrons les bruits courants de la vie, les cris et les sirènes, les appels et les rires.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Times; color: black; "&gt;New York, depuis le 11 septembre, existe dans mon esprit quelque part entre ces deux souvenirs qui n’en sont pas. Je n’ai jamais vu New York autrement que par le biais des romans, films et séries télévisées. Le corps blotti dans le siège bleu de l’avion, j’imagine ce que je trouverai à mon arrivée dans cette ville que je n’ai cessé d’imaginer depuis toutes ces années. Je m’approche d’elle par des détours, par une autre ville américaine, comme si je n’avais pas voulu entrer directement aux États-Unis par New York. Comme s’il m’avait d’abord fallu prendre le temps d’apprivoiser la proximité d’un lieu qui m’habite depuis un matin de septembre.&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Times; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt;Je ne peux m’empêcher de penser aux avions. Ces mêmes avions qui, jusqu’à aujourd’hui, ne m’ont pas trop intriguée. Mais voilà que je suis en direction de la ville, à bord de l’une de ces armes utilisées si efficacement par quelques hommes. Cela teinte mon approche de la ville, de l’avion. Cela teinte comment je vois les gens autour de moi. &lt;span&gt; &lt;/span&gt;Comment j’entends l’enfant qui pleure derrière moi, depuis le début du vol. Que s'est-il passé à bord des avions? Non pas les faits techniques, mais l'expérience en elle-même. À partir de quel moment les passagers ont-il su que leur sort était joué? Pendant combien de temps ont-ils espéré qu'ils étaient pris dans un détournement "simple" d'avion, dont le but aurait été d'obtenir quelque chose en échange de leur libération? Devant moi, j'ai le fameux sac pour le mal de l'air. Les consignes de sécurité, en cas d'atterrissage d'urgence. Un catalogue emplit d'objets aussi inutiles qu'onéreux: une litière à chat camouflée dans un pot à plante, avec superbe plante (artificielle bien sûr) en prime. Une cage à chien qui sert aussi de table de bout, parce qu'on n'a jamais assez de table d'appoint. Je me demande qui achète ces objets à bord d'un avion. Je me demande si les personnes prises dans les avions ont regardé des catalogues du même genre, pour se distraire, pour ne pas penser à ce qui pouvait leur arriver.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Times; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt;Un enfant pleure derrière, depuis le début du vol, depuis le moment où son siège d'auto a été attaché au siège de l'avion. Sa voix s’obstrue parfois, parce qu’il pleure depuis trop longtemps et que son nez est bouché. Sa mère essaie de le calmer, et il tousse, allant du geignement à l’ombre d’un rire. J’ai envie de lui dire que moi aussi, parfois, j’ai peur sans raison, ou alors pour des raisons que je suis la seule à comprendre, comme le chien qui se lève soudain dans une maison tranquille, parce qu’il a entendu, à quelques kilomètres de chez lui, le bruit du tonnerre. À côté de l’enfant en pleurs, une autre enfant, une fillette de 3 ou 4 ans, sa sœur, selon toute vraisemblance. Elle, elle n’a pas entendu le tonnerre à des kilomètres à la ronde. Elle dort, bien affalée sur son siège. Elle dormira ainsi, sans bouger, dans l’abandon le plus complet, du décollage à l’atterrissage, véritable voyageuse aguerrie qui ne sursaute même pas lorsque le train d’atterrissage heurte violemment le sol.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-align: justify; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span lang="FR" style="font-family: Times; color: black; "&gt;&lt;o:p&gt;Je voudrais être comme cette fillette à la jupe coccinelle et m’abandonner ainsi complètement aux principes physiques qui gardent l’avion dans les airs. Mais, comme l’enfant en pleurs, je sais autre chose, j’ai vu trop de films, dirait ma mère, ou trop des images du 11 septembre qui se superposent dorénavant à la réalité la plus banale d’un voyage en avion.&lt;/o:p&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2959647576466589761?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2959647576466589761/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2959647576466589761&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2959647576466589761'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2959647576466589761'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/04/new-york-imaginaire-29-mars.html' title='New York imaginaire (29 mars)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8416959472790039942</id><published>2009-03-02T22:11:00.002-05:00</published><updated>2009-03-02T22:23:38.582-05:00</updated><title type='text'>Mark et Mary</title><content type='html'>En verrouillant la porte de son appartement, la serrure de la poignée d'abord, puis la serrure du haut, un sourire se dessina sur son visage. Sa situation n'était pas particulièrement amusante, mais son ironie ne lui échappait pas. Mary était partie depuis 13 jours. En claquant la porte. Je ne veux plus te voir, plus t'entendre, toi et tes excuses. Elle était partie réfléchir, c'était son mot, réfléchir, comme un enfant gâté qu'on envoie dans sa chambre. Mark Garview se savait légèrement de mauvaise foi. Mary ne boudait pas. Ses raisons, son exaspération, faisaient du sens, il ne pouvait le nier. Mais elle avait presque tapé du pied, il l'avait vue, pendant une fraction de seconde son talon s'était levé, puis reposé, au prix d'un effort presque surhumain, pour ne pas paraître puérile, pour ne pas lui donner, à lui, raison de hausser les épaules.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il y a 13 jours, sa valise et son portable à la main, Mary lui dit qu'elle l'appellerait dans deux semaines. Peut-être. Qu'il pouvait lui écrire, s'il le désirait, s'il avait quelque chose à dire, mais que pour l'instant, elle ne pouvait supporter le son de sa voix. Tu dois réfléchir. Pense à ce que tu veux. Sa voix, retenue, parce qu'elle allait crier si elle ne faisait pas attention et qu'elle s'était promis, pendant qu'elle entassait quelques vêtements dans une valise, qu'elle ne crierait pas. En silence, il avait admiré sa détermination. Il ferait un effort pour prendre le temps de mettre ses pendules à l'heure, elle n'avait pas tort. En six ans de vie commune, il n'avait accepté aucune autre évolution que la location de l'appartement. Elle voulait des enfants, peut-être acheter un appartement en ville, ou louer une maison dans les Hamptons. Mais lui, il était parfaitement satisfait comme ça, lui avait-il dit, satisfait de leur vie. Pourquoi tout gâcher en voulant aller plus loin plus vite. Parce que, bordel, parce qu'on ne peux pas rester immobiles toute notre vie! &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Si Mark sourit, ce matin de semaine, ce n'est pas parce qu'il ne peut comprendre ce que Mary veut, les raisons de son éclat, cet ultimatum déguisé en fugue. Il sait qu'elle n'a pas tort, qu'il n'a plus 20 ans. Un appartement, un enfant, ce n'est pas si difficile, quand on y pense. Et Mary... eh bien, pourquoi pas avec elle? Il ne s'imagine pas vraiment avec une autre, mais peut-être n'est-ce que paresse, pense-t-il en saluant le portier. Non, il ne sourit pas par méchanceté, mais bien parce qu'il se rend compte que son sursis achève. Que depuis 13 jours, sa vie est en suspens, et qu'il ne peut plus, maintenant, éviter l'échéance. Mary n'est pas du genre à hésiter longtemps. Elle a été plutôt patiente depuis six ans, mais ne le demeurera pas éternellement.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ça sent la soupe chaude, murmure-t-il en passant le guichet du métro.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8416959472790039942?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8416959472790039942/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8416959472790039942&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8416959472790039942'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8416959472790039942'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/03/mark-et-mary.html' title='Mark et Mary'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-5168216858688092694</id><published>2009-03-02T00:27:00.002-05:00</published><updated>2009-03-02T00:31:39.469-05:00</updated><title type='text'>Les pas</title><content type='html'>J'ai cherché les traces sur les images. Dans le fouillis des papiers et de la cendre, dans le désordre des pas emmêlés et des chaussures abandonnées. J'ai voulu retrouver quelque chose. L'empreinte de ceux qui ne sont plus là. L'ombre d'un visage.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mon œil s'est arrêté, affûté, il apprend à discerner ce qui se trouve à la périphérie, ce que la photographie ne voulait peut-être pas montrer mais qui ne lui échappe pas. Je les lis différemment maintenant. Je les reconnais. Ne m'arrête plus à ce qui se montre d'emblée, ce qui ne résiste pas au regard, ce qui me rassure parce que je sais que je vais l'y trouver. Ou plutôt, comme avec mes fantômes, je vois ce qui se trouve là, ce qui m'est offert, et j'avance encore un peu. Avec eux. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Parce que ce qui se refuse, ce n'est jamais que ce que j'ai peur de voir. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-5168216858688092694?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/5168216858688092694/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=5168216858688092694&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5168216858688092694'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5168216858688092694'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/03/les-pas.html' title='Les pas'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-6193498700491049344</id><published>2009-02-11T21:51:00.003-05:00</published><updated>2009-02-11T22:11:46.665-05:00</updated><title type='text'>Les statistiques de la mort</title><content type='html'>Une prof d'écriture dramatique disait que tuer un personnage était lâche. Une façon de ne pas aller jusqu'au bout. De vouloir faire aboutir les choses plus rapidement ou brusquement, pour créer un effet, pour bousculer le spectateur. Peut-être lisait-elle nos brouillons et en avait-elle assez des éclats de jeunes à peine sortis de l'adolescence.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Chaque fois que je commence une nouvelle de ce projet, chaque fois que j'effleure un personnage, la question de sa survie se pose. Jovette n'aimerait pas. Elle me trouverait certainement lâche. Sauf qu'écrire un recueil de nouvelles sur le 11 septembre et ne "tuer" aucun personnage, ne serait-ce pas la définition même de la lâcheté? Mais alors, qui tuer? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;La question de la mort est là, dans mon atelier, elle était là avant que j'entame ce projet sur le 11 septembre. Tous les personnages d'&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;Autour d'eux&lt;/span&gt; la fréquentent de près ou de loin, sauf peut-être un, pour lequel il est peut-être question davantage de mort métaphorique. Sauf que l'enjeu n'est pas le même, maintenant. Je ne peux pas tous les faire sortir indemnes des tours. Ce serait contourner une sorte de vérité, non pas parce que mes personnages ont vraiment existé, mais bien parce que j'ai choisi de les placer là, dans ce lieu, ce jour. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais alors qui tuer? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le risque, bien sûr, c'est de sauter à pieds joints dans la mythification. De ne faire mourir que ceux qui le méritent, ou alors de les faire mourir de telle manière qu'ils "représentent" un type de victime. À la fin de la journée du 11 septembre, 3 pompiers ont hissé un drapeau américain sur les décombres. Un geste simple, qu'ils voulaient porteur d'espoir. Un drapeau "emprunté" sur un bateau qui se trouvait à proximité. Un geste simple, transformé en icône. Une photographie qui, finalement, reproduit une autre photographique iconique, celle de Iwo Jiwa. Dans les mois qui ont suivi, les trois hommes sont devenus des figures, ils ont répété le geste devant des foules dans des stades. Comme les soldats d'Iwo Jiwa. Et puis il a été décidé qu'il fallait commémorer le geste, et quoi de mieux qu'une statue. Une statue de bronze, reproduisant une photographie montrant un geste qui reproduit une photographie montrant un geste. Mise en abîme sans fin de l'imaginaire héroïque américain. Sauf que. Sauf que pour témoigner de la "réalité" du 11 septembre, il fut décidé que plutôt que de représenter les trois pompiers du 11 septembre, trois hommes blancs, la statue serait moins homogène que la réalité du FDNY. Évidemment, le geste fut décrié. Cela ne témoignait pas de la réalité des pompiers morts le 11 septembre. Cela détruisait d'une certaine façon l'icônicité des trois pompiers qui avaient décidé d'utiliser leur célébrité pour aider les familles de pompiers. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Quand j'étais enfant, Passe-partout est soudainement devenu multi-ethnique. Protéiforme. Noir, blanc, asiatique. En chaise roulante. Sûrement avec des appareils orthodontiques. À New York, la sculpture jouait du Passe-partout, sombrait dans le politically correct.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Vous comprenez la question n'est-ce pas? Le 11 septembre, près de 3000 personnes sont mortes. Mais 15000 ont pu être évacuées des tours. 3 hommes sont morts pour chaque femme décédée dans les attentats. La moyenne d'âge était de 35-45 ans. Suis-je tenue à une représentation proportionnelle?&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors je reviens avec ma question de départ: qui dois-je tuer, comment et pourquoi? &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-6193498700491049344?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/6193498700491049344/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=6193498700491049344&amp;isPopup=true' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/6193498700491049344'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/6193498700491049344'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/02/les-statistiques-de-la-mort.html' title='Les statistiques de la mort'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2586951646410608454</id><published>2009-02-01T21:25:00.002-05:00</published><updated>2009-02-01T21:36:19.885-05:00</updated><title type='text'>Les hasards</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;À ce moment, la plupart pensent encore qu'il s'agit d'un accident. De nombreux témoignages attestent que la majorité d'entre eux [les gens pris dans les étages au-dessus du point d'impact, dans la tour nord] a survécu jusqu'à l'effondrement de l'immeuble à 10 h 28. Ils ont souffert 102 minutes — la durée moyenne d'un film hollywoodien.&lt;/span&gt; (Philippe Beigbeder, &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;Windows on the World&lt;/span&gt;)&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Cette idée n'est pas neuve, elle a surgi du désordre qui a suivi les attentats, dans les quelques minutes suivant la fin. Elle n'est pas neuve, et Beigbeder ne peut certes pas la revendiquer comme sienne. Mais elle témoigne tout de même d'une chose: ce qui hante les consciences, ce sont les hasards du 11 septembre 2001. Un ciel bleu, limpide, comme toile de fond à la destruction. 102 minutes, très exactement, entre le premier avion et le deuxième effondrement, 102 minutes pendant lesquelles, sous un soleil qui n'a même pas eu la décence de se cacher derrière un petit voile nuageux, les Américains ont eu les yeux tournés vers le haut.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Peut-être est-il inévitable de se demander ce qu'il se serait passé n'eût été un hasard météorologique, et une réaction physique du métal que les terroristes eux-mêmes n'avaient ni prévue, ni même espérée. Et que veut dire cette perfection apparente d'un ciel limpide et de la réalité rejoignant la fiction (elle ne l'a pas vraiment dépassée, mais l'a peut-être rendue obsolète, du moins pour un temps) dans ses codes et ses modes de fonctionnement.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Est-il étonnant, dès lors, que les gens aient voulu croire à un coup monté par une instance supérieure, qu'il s'agit d'une intervention divine (ou diabolique), ou de Big Brother, l'oncle Sam, la CIA, le FBI, etc.?  Les hasards, aussi cruels et inexplicables soient-ils, ne sont-ils pas la preuve qu'attendent, que recherchent les théories du complot, pour nous prouver qu'il n'y a pas, justement, de hasard? Et n'est-il pas plus simple, voire plus rassurant, de pouvoir pointer du doigt le coupable, de pouvoir dire, haut, très haut, pour cacher l'angoisse, l'anxiété, la panique, voilà, c'est lui, ce sont eux, cela ne peut être qu'eux, parce qu'ils ont un autre plan que simplement nous détruire?&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2586951646410608454?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2586951646410608454/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2586951646410608454&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2586951646410608454'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2586951646410608454'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/02/les-hasards.html' title='Les hasards'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-457850956280284288</id><published>2009-01-16T18:44:00.002-05:00</published><updated>2009-01-16T19:07:35.309-05:00</updated><title type='text'>Le poids d'une vie</title><content type='html'>Alors qu'ils tentent de construire le mémorial du World Trade Center, des débats opposent les différents groupes représentés: membres de famille d'employés, architectes, représentants de la ville, représentés des pompiers, des policiers, des ambulanciers. Les débats ne concernent pas tant la nécessité du mémorial (de cela, tous sont convaincus), mais de l'importance à accorder à chaque victime. Car devant la mort, tous ne sont pas égaux. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On sait plus de choses sur les employés des différentes firmes des tours que sur les employés de soutien (entretien ménager, entretien mécanique, etc.). On a vu les gens sortant des tours en tailleur ou en complet. Mais les autres? La femme de ménage qui passe après les pauses café remettre un peu d'ordre dans la toilette des femmes du 87e étage, qu'en sait-on? Le nettoyeur de plancher? Les a-t-on vus? On connaît l'existence d'un nettoyeur de vitre parce que c'est grâce à l'outil de ce nettoyeur utilisé pour couper le mur qui bloquait leur sortie que les quelques personnes se trouvant dans cet ascenseur ont pu sortir indemne de la tour. On connaît l'existence de certains employés du Windows on the World en partie à cause de la photo de Richard Drew et de l'enquête effectuée par la suite pour identifier "l'homme qui tombe".&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le mémorial comprendra, comme tous les mémoriaux construits depuis la deuxième Guerre mondiale, les noms des victimes. Les discussions du comité de construction du mémorial portent sur ces noms: doit-on placer les noms en ordre alphabétique? doit-on les regrouper par "famille", c'est-à-dire en fonction de l'endroit où ils étaient dans la tour, avec leurs collègues du même bureau? Mais alors, que fait-on avec ceux qui n'aimaient pas leur boulot et détesteraient se voir résumés ainsi à leur appartenance à une compagnie? Pour les représentants des pompiers, leurs morts ne peuvent être perdus dans la masse des 3000 personnes mortes ce jour-là. Les pompiers tombés "au combat" ne peuvent être assimilés ainsi aux victimes civiles. Ils doivent être représentés autrement sur le mur des noms, ils doivent se trouver ailleurs, et non dans la suite alphabétique des noms. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais pourquoi? Car la question qui se pose est celle-ci:  les pompiers, policiers, ambulanciers, membres de la sécurité du Port Autority qui sont morts le 11 septembre 2001 sont-ils plus importants que les autres victimes des attentats? Sont-ils différents des morts "civiles", des "innocents" victimes des attentats? Mais il est vrai que, depuis le 11 septembre, les pompiers sont devenus des héros, intouchables, une entité mythique de l'identité américaine. Le traitement qu'ils ont reçu pendant le déblaiement de Ground Zero (chaque pompier, ou partie de pompier, retrouvé a été évacué sur une civière, sous un drapeau américain, et sorti du site en une procession respectueuse. Les civils, eux, n'ont pas eu droit à ce même cérémonial, les restes humains ont été mis dans des sacs pour être par la suite identifiés. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mourir pendant qu'on fait son travail, comme un pompier, et même si ce travail comprend la tentative de sauver des gens pris dans des incendies, est-ce que cela a plus de poids que mourir parce qu'un matin, son lieu de travail est attaqué? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Ma réflexion, je m'en rends compte, est embryonnaire. Peut-être puérile. Mais elle résulte d'un constat: certains morts sont plus importants que d'autres. Certaines tragédies comptent davantage que d'autres. Une femme tuée importe davantage qu'un homme, mais moins qu'un enfant, et moins encore qu'une enfant si elle est belle et provient d'un milieu aisé. La mort de presque 3000 Américains soulève davantage l'intérêt que celle de Palestiniens ou d'Africains. Apparemment. Même si cela ne fait aucun sens. Pas plus que d'utiliser la Shoah comme argument pour la destruction de ce qui reste de la Palestine. Mais cela, vous ne le savez peut-être pas, est une toute autre discussion, qui s'agite dans les couloirs de ma réflexion sur le 11 septembre sans y être liée. Sauf pour cette question du poids d'une vie. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je sens que j'y reviendrai. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-457850956280284288?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/457850956280284288/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=457850956280284288&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/457850956280284288'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/457850956280284288'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2009/01/le-poids-dune-vie.html' title='Le poids d&apos;une vie'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-2812328560211520442</id><published>2008-12-30T00:35:00.004-05:00</published><updated>2008-12-30T00:53:01.307-05:00</updated><title type='text'>Les yeux de son père</title><content type='html'>Hier, juste avant d'aller se coucher, elle avait passé un peu d'eau sur son visage. Elle refusait les produits, tout ce marché destiné à la convaincre qu'elle ne vieillissait pas. Le soir, le matin, un peu d'eau sur le visage. Un hydratant simple, acheté à la pharmacie. Un coup de crayon, un peu de rouge à lèvres, plus souvent qu'autrement un simple baume. Thea demeurait, sans concession, simple. Aussi passait-elle très peu de temps à se regarder dans le miroir. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Mais hier soir, son regard s'était arrêté à ses yeux. De fines rides s'installaient sur les côtés, des rides de soleil et de rires. Ce qui arrêta ses gestes rituels du soir, toutefois, ce ne furent pas ces rides. Non, autre chose. Elle s'approcha du miroir. S'étonna, à voix haute. Hein? Regarda de plus près, tira un peu la peau sous ses yeux, pour voir de plus près, pour être sûre. Ah. Ses yeux. Ses yeux n'étaient pas bruns. Ils étaient verts, un vert très foncé, presque brun, mais vert tout de même. Toute sa vie, on lui avait dit qu'elle avait les yeux bruns. Les yeux de son père. Sur son permis de conduire, sur ses pièces d'identité, son passeport, il était inscrit qu'elle avait les yeux bruns. Mais non. Personne n'avait remis en cause ce fait qu'on lui avait appris si tôt dans la vie. Personne n'avait pris la peine de regarder de plus près. Et voilà qu'à 41 ans, un lundi soir, elle découvrait que non, elle n'avait pas les yeux bruns. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle recula un peu. Décida de changer de pièce, parce que ce n'était peut-être qu'une question de reflet. Elle habitait un grand appartement, trop grand pour elle, 10 pièces, qu'elle partageait avec un chien et un chat. Elle parcourut toutes les pièces, l'une après l'autre, s'arrêta devant tous les miroirs, et au terme de ce tour, s'assit lourdement sur son lit. Verts. Ses yeux étaient, sans conteste, verts.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Si ses parents, ses amis, ses amants lui avaient menti pour une chose aussi simple que la couleur de ses yeux, que pouvait-elle croire désormais? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle se glissa sous les couvertures, oublia de faire le tour de l'appartement pour fermer les lumières et donner un peu de nourriture au chien et au chat, et tenta de s'endormir. Elle tourna et retourna dans son lit, obsédée par cette découverte idiote, et par le sens totalement disproportionné qu'elle lui accordait. Elle ne pouvait s'empêcher de penser que toute sa vie avait été un mensonge.  Et qu'à 41 ans, elle comprenait enfin. Mais quoi? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Elle finit par s'endormir très tard, le ciel avait déjà tourné au bleu plus clair, il devait être 4 ou 5 h du matin, et n'entendit par son réveil sonner.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;À 9h50, elle s'éveilla. Ouvrit les rideaux. Et regarda son bureau flamber, de l'autre côté du parc.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-2812328560211520442?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/2812328560211520442/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=2812328560211520442&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2812328560211520442'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/2812328560211520442'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/12/les-yeux-de-son-pre.html' title='Les yeux de son père'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-1275758183760017977</id><published>2008-11-30T16:59:00.004-05:00</published><updated>2008-11-30T22:07:44.295-05:00</updated><title type='text'>His life as a puzzle</title><content type='html'>She thought she could see his body dangling from the tower. Even after it fell, rumpled, was turned to rubble and filled the streets and lungs and minds with its destruction, she imagined him there, on one of those spikes, on what was left of the structure of the tower. She would see debris, she would spot something looking soft, not metallic, and think "There, there he is". She just could not fathom him disappearing without leaving anything of himself behind.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;She would, later, when the spikes and the structures of the towers had been cleared away, when the debris would be discarted to Fresh Kills (what a name, what a name, she thought, as if the place had been prepared to receive the rests of the towers, of him, of the people), receive word, a few time, that they had found him. Found pieces of him. A tooth. A finger. His left foot. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;She bought a lot at the cemetary, and would open the grave after each call. She wouldn't rest, she said, until she had all of him, all the pieces, as if he was a jigsaw puzzle, as if that act of waiting for the parts of him that had remained after the explosion and fall of the tower was the only way to love him.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;And then they told her that it was all they could find. That what was left of the puzzle (his hand, the one with the wedding ring, his heart, his ear, the left one, because she had the right one) must have been turned to dust. Couldn't be found. Sorry, ma'am, said the medical examiner. Can't do more for you.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;It was like losing him all over again.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-1275758183760017977?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/1275758183760017977/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=1275758183760017977&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1275758183760017977'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1275758183760017977'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/11/his-life-as-puzzle.html' title='His life as a puzzle'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-6948112292272425442</id><published>2008-11-25T19:48:00.002-05:00</published><updated>2008-11-25T19:54:00.135-05:00</updated><title type='text'>Le comment et le pourquoi</title><content type='html'>J'essaie de tracer le parcours de mon projet, d'en donner un état présent. J'essaie de comprendre comment je suis passée de la pétrification la plus totale devant les images du 11 septembre à cet espace étrange où non seulement il m'est possible de donner des visages à des personnages aux prises avec les événements, mais, en plus, il me semble ne pouvoir qu'écrire cela. Mais je n'ai pas de réponse. Je n'ai que mes histoires, mes personnages, l'impression que le projet a changé, bougé, et qu'il m'a changée. Comment expliquer cela? &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors je tourne autour. Je n'ai pas une réflexion théorique solide, je n'en suis pas là, mais j'ai Eileen, Pauleen, Peter, Maïa et les autres. Je retourne vers eux lorsque je ne sais plus le chemin parcouru. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-6948112292272425442?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/6948112292272425442/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=6948112292272425442&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/6948112292272425442'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/6948112292272425442'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/11/le-comment-et-le-pourquoi.html' title='Le comment et le pourquoi'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-6847572156625985208</id><published>2008-10-22T20:27:00.000-04:00</published><updated>2008-10-22T20:39:07.119-04:00</updated><title type='text'>Un café (2)</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(51, 51, 51); font-family: 'Trebuchet MS'; font-size: 16px; "&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="text-indent: 35.4pt; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;-Tu sais quoi, l’ascenseur 14, il a quelque chose contre le 71. Il ne veut pas arrêter. C’est loufoque n’est-ce pas? Il fait tout comme il faut, les autres étages, aucun problème, il ronronne presque. Mais il ne veut rien savoir du 71 : il n’arrête pas si on le demande de l’extérieur, il n’arrête pas si quelqu’un appuie sur le bouton, il continue tout droit. Les gars de l’informatique ne voient pas de problème et du côté mécanique, j’ai rien trouvé.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;Je me souviens avoir ri moi aussi.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 53.4pt; text-indent: -18pt; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span&gt;-&lt;span style="font: normal normal normal 7pt/normal 'Times New Roman'; "&gt;       &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;Peut-être que le 14 a été blessé? Qu’est-ce que le 71 aurait pu dire?&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.4pt; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;Nous étions comme cela, parfois, des enfants qui rigolent parce qu’il est tard et qu’ils ont mangé trop de sucré.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="margin-left: 35.4pt; color: rgb(51, 51, 51); "&gt;- T’imagine, avait-il continué, il va peut-être falloir que je mette une pancarte pour mettre en garde les utilisateurs. Comment est-ce que je devrais formuler ça?&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span&gt;            &lt;/span&gt;- C’est simple : dû à une chicane interne, l’ascenseur 14 désire vous informer qu’il a banni l’étage 71 jusqu’à nouvel ordre, c’est à dire jusqu’à ce que cet étage descende de ses grands chevaux pour s’excuser.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span&gt;            &lt;/span&gt;Je sais, c’était idiot. Mais mon frère et moi, c’était cela parfois. Des moments totalement irresponsables où nous oubliions de constater nos différences. Où je ne m’en faisais pas pour lui et ses désirs quasi maladifs de stabilité, et où il ne s’inquiétait pas devant mon refus des convenances et des règles de la productivité. Nous ne nous battions pas, nous ne nous engueulions pas. Mais nos inquiétudes l’un pour l’autre formaient l’arrière-plan de nos rapports, ce qui ne se disait que rarement et qui pourtant parasitait un peu nos conversations.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span&gt;            &lt;/span&gt;J’avais une gorgée bien chaude de café dans la bouche. Juste la bonne température. La bonne texture. Un moment parfait. Un avion passa. Cela aussi c’était parfait, cette ligne argentée, ce vrombissement au-dessus de ma tête. Cela me parlait de voyage, de départs, et je trouvais que la journée avait la bonne couleur pour cela. &lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span&gt;            &lt;/span&gt;Et puis l’avion, apparemment, est entré dans la tour. Et le téléphone a sonné. Ma mère, inquiète. J’ai raccroché après avoir ouvert le téléviseur. Le téléphone a sonné à nouveau. C’était mon frère. Il était en haut, très haut dans la tour, juste parce qu’il avait voulu tester l’ascenseur 14, une autre fois, et rien n’avait changé. Il venait d’arrêter à l’étage 87. Sa voix n’était pas bonne. Ses paroles ne faisaient pas sens. Je lui ai dit de descendre. &lt;span&gt; &lt;/span&gt;La ligne a coupé.&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;br /&gt;&lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;&lt;span class="Apple-tab-span" style="white-space:pre"&gt; &lt;/span&gt;Mon café a refroidi, seul dehors.&lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-6847572156625985208?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/6847572156625985208/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=6847572156625985208&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/6847572156625985208'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/6847572156625985208'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/10/un-caf-2.html' title='Un café (2)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3524083797905477780</id><published>2008-10-21T21:39:00.002-04:00</published><updated>2008-10-21T21:42:20.194-04:00</updated><title type='text'>un café</title><content type='html'>&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);   font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;Le jour où mon frère est mort, j’étais assise avec un café, sur la terrasse arrière, et je regardais le soleil. Juste cela. Je regardais le soleil briller sur l’Hudson, et je buvais mon café. Mon amant était parti quelques minutes plus tôt, j’avais déjà mis les draps à laver, et je buvais lentement un café, en grignotant un morceau de pain. Je prévoyais me faire du pain doré, sans raison, parce que c’était mardi, et que cela me semblait une bonne idée. Une façon de faire une petite folie, alors que la semaine n’était pas suffisamment avancée pour justifier une telle entorse à la productivité.&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);  font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);   font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;Je n’avais rien fait de particulier le lundi. Oh j’avais couru du laboratoire photographique à l’encadreur, puis chez le nettoyeur, à la pharmacie, à l’épicerie. Mon frère m’avait attrapé au téléphone alors que je conduisais la voiture vers mon magasin préféré. Tu n’as rien de mieux à faire aujourd’hui? Rien de plus utile? Nan, j’ai été utile hier, aujourd’hui ça ne me tente pas. Il avait ri, de son rire plein mais étouffé. J’aimais le faire rire ainsi, j’aimais l’entendre toussoter à l’autre bout du fil, je devinais les larmes à ses yeux. Il riait comme ça, toujours, lorsque je lui disais ce genre de chose totalement incongrue.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);  font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);   font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;Nous étions différents. Il faisait dans la réalité la plus pure, les systèmes mécaniques, les ascenseurs. Je faisais plutôt dans l’imaginaire, dans les photographies qui ne montrent pas grand chose, m’avait-il un jour reproché, parce que j’étais dans la macro : je regardais les gouttes goutter, les fleurs fleurir, les poussières tomber. Je lui disais que nous n’étions pas si différents, après tout, puisque nous nous attardions tous les deux au détail. Peut-être, sauf que mes détails décident si les ascenseurs se rendent à destination ou s’ils tombent de 100 étages. J’avais admis cela. Pas à contrecœur, loin de là. J’aimais l’imaginer dans sa tour, la tête sous un ascenseur, à observer les poulies et les cordes et les engrenages. Cela me rappelait notre enfance, quand il démontait ma poupée et que je lui parlais des grains de pollens oubliés. Nous étions déjà comme nous l’étions, bien campés dans nos différences. Complémentaires, disait ma mère. Opposés, disait mon père. Comme ça, disions-nous.&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);   font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt; &lt;o:p&gt;&lt;/o:p&gt;&lt;/p&gt;&lt;p class="MsoNormal" style="color: rgb(51, 51, 51); "&gt;Cela me semble étrange maintenant. J’étais assise avec mon café, la lumière était fabuleuse, mon appareil photo était là mais je n’avais pas envie de chercher quoi que ce soit, de voir quoi que ce soit. Je préparais une exposition, j’avais rencontré quelqu’un un lundi soir, je pouvais rester à la maison pendant une heure ou deux sans que mon monde ne s’écroule, et pendant ce temps, mon frère discutait d’un ascenseur qui, pour une raison étrange, ne voulait pas s’arrêter à l’étage 71. Il m’avait appelé pour ça lundi. &lt;/p&gt;&lt;/span&gt;&lt;div&gt;&lt;span class="Apple-style-span"   style="color: rgb(51, 51, 51);  font-family:'Trebuchet MS';font-size:16px;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3524083797905477780?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3524083797905477780/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3524083797905477780&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3524083797905477780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3524083797905477780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/10/un-caf.html' title='un café'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-3937534175670802044</id><published>2008-10-17T21:43:00.004-04:00</published><updated>2008-10-17T22:25:19.128-04:00</updated><title type='text'>Obsession...</title><content type='html'>&lt;div&gt;J'avoue, sans problème, avec un peu de crainte tout de même, être complètement obsédée par mon sujet. Depuis un an, je n'écris qu'autour de cela, le 11 septembre 2001. Ce n'est pas que je ne pense qu'à cela, mais plutôt que mes pensées m'y ramènent toujours. (peut-être est-ce une façon de tourner en rond...) Reste que depuis que j'ai écrit les premiers fragments, les choses ont commencé à se mettre en place. À s'éclairer. Au début, lorsque je ne faisais qu'y penser, je me souviens avoir dit à Victoria que le problème dans tout cela, c'était que les gens qu'on ne voyait pas dans les tours, les réparateurs d'ascenseurs, les femmes de ménage, etc., je n'arrivais pas non plus à les voir, à les imaginer. Comme si je ne pouvais imaginer le 11 septembre que par le biais des gens en complet ou en tailleur que j'avais aperçus dans les reportages des émissions d'information. Et que les autres n'étaient que des dommages collatéraux. Ils n'avaient pas de visage. Et tel était mon problème: donner un visage.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le problème n'est plus le même. Et je ne sais pas si c'est vraiment un problème. Outre mon obsession pour le sujet, qui fait que durant une soirée, je peux facilement parler seulement du 11 septembre, alors que les autres sujets plus propices à la vie sociale m'échappent, outre cette obsession, donc, le problème, ou l'avancée du projet, ce serait que je n'ai plus besoin d'imaginer mes personnages par leur fonction. Ni de les placer bien correctement dans une des tours. Ils sont là. Je les aperçois. Je les devine. Je les entends. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et peut-être est-ce pour cela que je ne peux parler d'autre chose. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et qu'en même temps, plus je les approche, et moins l'événement en lui-même me retient. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-3937534175670802044?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/3937534175670802044/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=3937534175670802044&amp;isPopup=true' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3937534175670802044'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/3937534175670802044'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/10/obsession.html' title='Obsession...'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-7754466129932695747</id><published>2008-10-12T23:10:00.003-04:00</published><updated>2008-10-12T23:17:47.073-04:00</updated><title type='text'>Peter</title><content type='html'>Pendant qu'il attrapait sa veste et qu'autour de lui, s'effaraient ses collègues de travail, il se mit à chantonner un vieux chant irlandais. Se demanda du même coup, comme si les deux avaient été liés, qu'était devenue son amie Ashleigh. Cheveux roux, peut-être teints, long visage, regard un peu creusé, mais un rire à faire défriser les plus sérieux. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Peter se demanda pourquoi il se demandait cela. Son muffin disparaissait sous l'eau des gicleurs, et il pensait à une vieille amie, même pas une amoureuse. Il lui sembla qu'il perdait des moments précieux, qu'il aurait dû soit se sauver en courant, soit faire le point sur sa vie. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Avant ce jour, avant ce moment qui ne ressemblait à rien de ce qu'il connaissait, Peter avait cru que lors des moments importants, seuls les éléments importants restaient dans la pensée. Oui, il lui avait semblé que ce n'était qu'alors, lorsque cela comptait, que toutes les connaissances futiles, les émotions malsaines, les désirs cachés, les informations totalement caduques, tout cela s'effaçait. Et qu'alors, il aurait eu, devant lui, à portée de main, un tableau complet, concis de sa situation. Et qu'il comprendrait. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais en chantonnant Auld Lang Syne, Peter comprit qu'il ne comprenait toujours rien. Et surtout pas où les amis allaient, lorsqu'ils disparaissaient de son existence. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Il se dirigea vers l'escalier.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-7754466129932695747?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/7754466129932695747/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=7754466129932695747&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/7754466129932695747'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/7754466129932695747'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/10/peter.html' title='Peter'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-5289608842335966286</id><published>2008-09-18T21:09:00.003-04:00</published><updated>2008-09-18T21:13:57.276-04:00</updated><title type='text'>Eileen</title><content type='html'>D'abord le bruit. Puis plus rien. Pratiquement encastrée sous son bureau par les débris, Eileen s'étonna du silence. Elle n'entendait ni alarme, ni gicleur, ni cris. Elle percevait plus qu'elle entendait sa propre respiration. Elle passa la main sur son chemisier, et découvrit qu'il était humide. Elle ne se demanda pas s'il s'agissait de sang ou d'eau. Ou si son café avait taché ce chemisier acheté la veille. Elle s'était sentie comme une gamine le premier jour d'école. Comme sa fille, Meredith, debout tôt le matin avec son chandail tout neuf, rouge vif, le sac déjà au dos, prête à partir dès 6h. Depuis la rentrée, Meredith était toujours prête trop tôt. Elle avait hâte, hâte de retrouver ses bâtons de colle, ses crayons de couleur et ses amis. Hâte de jouer dans la cour d'école, hâte de revenir le soir pour raconter ce qu'elle avait vu et appris. Eileen pensa à Meredith, alors qu'elle essayait d'entendre si, autour d'elle, quelqu'un bougeait. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div&gt;Elle ne se demanda pas si elle allait survivre. Elle était là, avec son chemisier blanc et sa carte d'identité qui remontait contre ses côtes. Le moment n'était pas propice aux questions existentielles.&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-5289608842335966286?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/5289608842335966286/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=5289608842335966286&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5289608842335966286'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/5289608842335966286'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/eileen.html' title='Eileen'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-1123680292857223496</id><published>2008-09-12T20:27:00.004-04:00</published><updated>2008-09-13T12:13:18.180-04:00</updated><title type='text'>Les lieux connus</title><content type='html'>Derrière la maison, dans les champs, la poussière s'est levée. Elle a formé une tornade, et puis une autre. De grands siphons gris. Je voyais les strates de poussière, les différentes couches de gris, bien dessinées, pendant qu'à l'intérieur, autour de la petite table ovale, nous nous sommes levés. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dehors, devant la maison, on voyait toujours les siphons, ils menaçaient de se rejoindre. Le paysage que nous avions connu depuis si longtemps ne se ressemblait plus.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Tu étais là, debout devant moi. Tes mains sur mes épaules. Puis tes bras autour de moi. J'ai eu le temps de m'abandonner un peu, de t'entendre dire "il me semble qu'il y a longtemps que je ne sais pas ce qui se passe avec toi". &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Puis je me suis réveillée. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-1123680292857223496?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/1123680292857223496/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=1123680292857223496&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1123680292857223496'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1123680292857223496'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/les-lieux-connus.html' title='Les lieux connus'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-1115095005759676169</id><published>2008-09-07T12:19:00.002-04:00</published><updated>2008-09-07T12:30:39.345-04:00</updated><title type='text'>Rupture, effondrement et autres tremblements</title><content type='html'>Je réfléchis à la notion de rupture. En fait, à la manière dont les événements se positionnent les uns par rapport aux autres. Entre un avant et un après. Et comment cet événement finit par définir, par modifier tout le reste. Ce n'est pas clair. &lt;div&gt;Un événement, donc. Supposons-le grand, important. La plupart du temps, ceux-là sont aussi catastrophiques, peut-être parce que les beaux, on ne les retient pas longtemps, leur caractère "life-altering" ne tient pas la route. Donc, grand, important, catastrophique. C'est une borne, il est reconnaissable facilement. Donc (soyons philosophe, accumulons les possibilités argumentatives), donc, l'événement tranche, marque une rupture entre le avant et le après, entre ce qu'il y a eu, le ici-maintenant, et ce qu'il y aura et qui ne peut faire autrement que d'être informé par l'événement. Que se passe-t-il? La voix change-t-elle? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Dans &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;Compter jusqu'à cent&lt;/span&gt;, Mélanie Gélinas place le 11 septembre comme une borne, la marque d'une rupture entre deux identités, deux narrations. Comme si l'événement, dans toute sa force de destruction, venait également détruire la paix fragile créée après un autre événement, aussi traumatique, mais jouant à un autre niveau, plus personnel. L'agression sexuelle subie il y a 10 ans par la narratrice donne naissance à une voix, celle d'Anaïs, alter ego de la narratrice, mais aussi voix plus forte. La voix de l'écriture aussi. C'est elle qui donne les ordres. Et soudain, avec l'effondrement des tours, cette paix fragile se rompt. Les frontières entre le ici-maintenant, le passé et New York se brouillent. Et la faille qui s'ouvre permettra peut-être une résolution, à tout le moins une modification de la donne: la narratrice reprendra du poil de la bête, récupérera sa propre voix. Donnera elle-même les ordres.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Fine. Je veux bien. L'attentat ébranle l'identité, la structure protectrice du moi créée à même une rupture identitaire, ou une identité double. Cela, je comprends. Mais la réconciliation? Sais pas. Reste à voir. &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je n'ai pas de réponse aujourd'hui.  Quelques questions, pas ennuyantes mais dérangeantes. La nécessité de trouver non pas une réponse, mais une question structurante, qui me permettra d'avancer. De réfléchir. Ce n'est jamais que cela, le problème.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-1115095005759676169?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/1115095005759676169/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=1115095005759676169&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1115095005759676169'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1115095005759676169'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/rupture-effondrement-et-autres.html' title='Rupture, effondrement et autres tremblements'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-8560243041202017115</id><published>2008-09-02T20:43:00.003-04:00</published><updated>2008-09-02T20:55:27.625-04:00</updated><title type='text'>Elle pleurait toujours après</title><content type='html'>Je sais d'où viennent les nouvelles, la plupart du temps. d'une phrase. d'un moment plus fort que les autres, ou alors seulement d'une chose entrevue, comme un escalier, un enfant, le son d'un chien couinant pour être libéré. Comme si ces morceaux étranges, des morceaux de perceptions, des fractions d'instants (Merleau-Ponty me guette encore, je m'en excuse) finissaient par ne pouvoir prendre sens que de cette façon, comme première phase d'une nouvelle ou comme trait d'un personnage ou d'un situation. Après, ils vont bien là où ils veulent, ils cessent d'être seulement cela, des morceaux de perception. Mais lorsqu'ils surgissent, de temps à autres, je ne sais pas ce que je pourrais faire d'autre que de leur donner un visage, celui d'un personnage. Il ne sera pas moi, bien sûr (mais devoir le préciser, n'est-ce pas légèrement hypocrite?) Ou pas juste moi. Ou moi seulement dans cet instant, pour cet instant.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;On m'a demandé pourquoi je n'écrivais pas plus long, c'était l'expression, un cocktail à la main pendant que les enfants couraient entre les balles de golf et qu'on attendait le repas. Tu devrais écrire plus long. Why not? Sauf que le problème, c'est qu'une fois la situation de départ, ou la première phrase, ou le premier visage trouvé, il faut encore savoir où aller. Et que je n'aurais peut-être ni la patience, ni l'habileté de partir de cette fraction de première phrase et de la tenir pendant deux cents pages.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Peut-être.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-8560243041202017115?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/8560243041202017115/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=8560243041202017115&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8560243041202017115'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/8560243041202017115'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/elle-pleurait-toujours-aprs.html' title='Elle pleurait toujours après'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-9187489617262351677</id><published>2008-09-01T18:36:00.001-04:00</published><updated>2008-09-01T18:39:04.765-04:00</updated><title type='text'>L'éternel recommencement</title><content type='html'>J'ai pris quatre ans à écrire ma thèse. Un nombre incalculable de versions, de ratures, de reprises, de recommencement, de goût de tout laisser tomber et aller voir ailleurs si j'y suis. &lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;J'ai fini, déposé, remisé la chose. Depuis deux ans.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors pourquoi est-ce que maintenant, alors qu'on me demande de la retravailler, est-ce que je me retrouve exactement comme il y a 6 ans, à me poser des questions à chaque phrase, chaque paragraphe, comme si les dernières années n'avaient rien apaisé? &lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je n'ai pas de réponse. Je sais seulement que je ne referai pas la chose si je dois me débattre à nouveau de la sorte, si je n'ai pas un peu l'impression d'avoir appris.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-9187489617262351677?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/9187489617262351677/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=9187489617262351677&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/9187489617262351677'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/9187489617262351677'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/lternel-recommencement.html' title='L&apos;éternel recommencement'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-4994481503279233649</id><published>2008-09-01T18:30:00.000-04:00</published><updated>2008-09-01T18:36:03.219-04:00</updated><title type='text'>la force du contournement (avril)</title><content type='html'>Je devrais travailler. Le temps presse, je n'arrive à rien. Sauf à ranger, à trier les choses, à régler des formalités. Et à vouloir écrire. Écrire Ginny, bien sûr, mais les autres aussi, ceux qui s'en viennent.&lt;div&gt;Si je n'avais pas à travailler, il est fort probable que je n'arriverais pas à écrire. Ou que je penserais à travailler.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et je m'interroge: pourquoi toujours autant de résistance, de procrastination. Pourquoi tout ce temps à tourner autour, à tergiverser, même si je sais que lorsque j'y suis, il n'y a rien de mieux, vraiment rien, que cette sensation de toucher à quelque chose, que ce soit dans l'écriture ou dans le travail, d'ailleurs.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Et je m'interroge aussi sur autre chose. Ma volonté de régler les problèmes, de trouver des solutions, de comprendre pourquoi Ginny Cooper, ma tentation de la contourner, d'écrire autour d'elle, comme si son refus en faisait un mur immuable. Et après? Et si Ginny, comme le reste, comme les méchants diagnostics, n'avait pas de solution? Et si la "solution" était seulement cela: laisser aller, la laisser aller, ne pas tenter ni même espérer la ranger quelque part ou lui trouver une résolution. Et si le simple fait qu'elle, et les méchants diagnostics, existaient voulait dire que ma quête de la solution ne veut rien dire, ne me mène nulle part, sinon à toujours tourner autour. Et si la procrastination n'était qu'une manière de ne pas approcher, ne pas finir, ne pas admettre qu'il n'y a pas de résolution? &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-4994481503279233649?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/4994481503279233649/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=4994481503279233649&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4994481503279233649'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/4994481503279233649'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/la-force-du-contournement-avril.html' title='la force du contournement (avril)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-1767351923518290511</id><published>2008-09-01T11:34:00.000-04:00</published><updated>2008-09-01T11:38:45.102-04:00</updated><title type='text'>Ginny Cooper (février 2008)</title><content type='html'>J'essaie, me débats, tente contre toute attente d'écrire Ginny Cooper. Je sais d'elle qu'elle marche les deux mains dans ses poches.&lt;div&gt;qu'elle n'a pas eu peur.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Mais elle résiste, comme si elle ne voulait surtout pas que je la réduise à une histoire comme les autres, avec un début, un milieu, une fin. Une résolution.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Alors elle est sortie les deux mains dans les poches. C'était une décision. Comme celle de rentrer chez elle et de reprendre le boulot le lendemain matin. Comme celle de ne pas en parler, parce qu'elle n'avait rien vu, un peu de fumée peut-être. Son bureau n'existait plus, mais elle, immuable, avait déposé ses clés sur la table de l'entrée et s'était nettoyé le visage.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Le problème avec Ginny, ce n'est pas ce qu'elle a fait ou n'a pas fait cette journée-là. Le problème, c'est ce qu'elle révèle sur le projet, une faille, quelque chose que je n'avais pas prévu, ou pas tout de suite, si vite, un peu avant le milieu. L'impression d'être loin. Ou de me répéter. De ne pouvoir évoquer que des voix.&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-1767351923518290511?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/1767351923518290511/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=1767351923518290511&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1767351923518290511'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/1767351923518290511'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/ginny-cooper-fvrier-2008.html' title='Ginny Cooper (février 2008)'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-5196575760713812029.post-7585788270203303096</id><published>2008-09-01T11:29:00.000-04:00</published><updated>2008-09-01T11:33:42.368-04:00</updated><title type='text'>Il faut bien commencer quelque part</title><content type='html'>De Ginny Cooper à Melanie, de James à Nadia, je me promène parmi mes personnages, les trouvant dans des détours qui, chaque fois, me laissent surprise. Je ne les connais que si peu, au fond, à peine leur nom, parfois un trait, et soudain ils deviennent si forts, plus réels que les simples mots, plus réels que moi.&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;Je les approche, et les histoires viennent ensuite. Ils ne servent pas les histoires. Ils n'ont pas de buts, d'agenda, de convictions, de messages à passer. Ce sont des visages, et je ne veux que les amener là, là où ils voudront bien aller, les raconter, leur donner une voix, pour ensuite les laisser aller. Ils continuent leur histoire, parfois reviennent, mais plus souvent qu'autrement, ils deviennent comme ces amis qu'on a perdus de vue mais auxquels on pensera toujours avec affection.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5196575760713812029-7585788270203303096?l=lamainlesouffle.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/feeds/7585788270203303096/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='http://www.blogger.com/comment.g?blogID=5196575760713812029&amp;postID=7585788270203303096&amp;isPopup=true' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/7585788270203303096'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/5196575760713812029/posts/default/7585788270203303096'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://lamainlesouffle.blogspot.com/2008/09/il-faut-bien-commencer-quelque-part.html' title='Il faut bien commencer quelque part'/><author><name>Annie Dulong</name><uri>http://www.blogger.com/profile/01453901624930626509</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:image rel='http://schemas.google.com/g/2005#thumbnail' width='31' height='21' src='http://1.bp.blogspot.com/_sMpVUN2qLkw/ShtJvQsu9dI/AAAAAAAAAC4/vRDqzsk5JQo/S220/DSC_4097.JPG'/></author><thr:total>0</thr:total></entry></feed>
